Une mère serbe qui protestait contre l’absence de poursuites après la mort de son fils a annoncé lundi qu’elle mettait fin à sa grève de la faim, affirmant vouloir rester en vie pour poursuivre son engagement aux côtés des manifestants antigouvernementaux. Dijana Hrka, 48 ans, avait entamé sa grève le 2 novembre devant le Parlement, en réaction à la gestion de la catastrophe qui a coûté la vie à son fils Stefan, âgé de 27 ans.
Ce dernier faisait partie des 16 victimes de l’effondrement du toit d’une gare rénovée à Novi Sad en 2024, un drame qui a suscité une forte indignation dans tout le pays. Pour de nombreux jeunes manifestants, cette affaire symbolise les défaillances structurelles, le manque de transparence et l’impunité qui entourent les grandes infrastructures publiques.
Hrka a expliqué qu’elle souhaitait désormais contribuer activement au mouvement plutôt que de se mettre elle-même en danger. « Je peux faire beaucoup plus en étant vivante », a-t-elle déclaré, précisant avoir invité les étudiants impliqués dans les rassemblements à échanger avec elle sur une coopération future.
Depuis des mois, la contestation menée par des étudiants, des enseignants et des figures de l’opposition fragilise le pouvoir du président Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis plus d’une décennie. Les manifestants dénoncent la corruption, les dérives autoritaires, la détérioration des services publics et les atteintes à la liberté de la presse, tandis que le camp présidentiel rejette ces accusations et évoque, pour certains, l’hypothèse d’un acte terroriste dans l’effondrement du toit.
Les tensions restent vives. Des confrontations ont éclaté entre partisans et opposants du gouvernement, et plus de 10 000 soutiens de Vučić ont défilé récemment dans la capitale. Le mouvement citoyen, lui, entend poursuivre ses actions, renforcé par des figures comme Hrka qui veulent transformer leur deuil en mobilisation collective.