Les rues de Belém ont vibré samedi au rythme des tambours, des slogans et des couleurs alors que des milliers de militants ont défilé pour interpeller les négociateurs de la COP30. Certains portaient des robes noires en symbole de funérailles pour les énergies fossiles, d’autres des t-shirts rouges pour rappeler le sang versé par ceux qui défendent l’environnement. Entre drapeaux, pancartes et chants, les manifestants ont voulu donner un visage humain à la lutte climatique.
Une pression croissante sur les négociations
La marche, longue de quatre kilomètres, s’est déroulée à proximité du centre où se tiennent les négociations. Plusieurs ONG, communautés locales et mouvements sociaux y ont participé, encadrés par des camions-sonos qui guidaient la foule. Marisol Garcia, femme kichwa venue du Pérou, a résumé l’objectif de la mobilisation : pousser les dirigeants à prendre des décisions « plus humaines ». La semaine avait déjà été marquée par deux actions coup de force, lorsque des groupes de militants avaient encerclé le site de la COP, causant de légères blessures à deux agents de sécurité.
Le contraste était notable avec les précédentes conférences organisées dans des pays autoritaires comme l’Azerbaïdjan, l’Égypte ou les Émirats arabes unis, où les manifestations étaient strictement encadrées. À Belém, les marcheurs ont profité d’une liberté retrouvée, offrant une démonstration de force impressionnante, selon plusieurs participants. Certains défendaient des combats locaux, comme la jeune leader brésilienne Ana Heloisa Alves, mobilisée contre les projets industriels menaçant le fleuve Tapajós.
D’autres ciblaient les grandes puissances absentes, notamment les États-Unis, dont Donald Trump a retiré le pays de l’Accord de Paris. Un manifestant grimé en « oncle Sam » sur échasses distribuait de faux billets à l’effigie de Trump pour dénoncer l’impérialisme américain. Les femmes du Mouvement des Casseuses de Coco Babaçu, coiffées de chapeaux tressés, réclamaient un meilleur accès aux palmiers qui constituent leur principale ressource et un élément clé de leur culture.
Alors que la conférence doit se poursuivre jusqu’à vendredi, peu espèrent un accord majeur, mais beaucoup attendent des avancées concrètes, notamment sur les financements promis aux pays pauvres pour faire face aux effets du réchauffement climatique.