Sébastien Lecornu met fin au Service national universel (AP)
Sébastien Lecornu met fin au Service national universel (AP)

C’est un symbole de la présidence Macron qui disparaît discrètement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé vendredi la suppression de la délégation en charge du Service national universel (SNU), signant de fait la mise en extinction du dispositif lancé en 2019. Présenté à l’époque comme un héritage modernisé du service militaire, le SNU devait concerner tous les jeunes de 15 à 17 ans d’ici 2026. Mais la réalité fut moins ambitieuse : manque d’engouement des adolescents, critiques de l’Éducation nationale, incidents dans certains séjours et surtout un coût jugé excessif par rapport aux résultats. La dissolution de l’Assemblée nationale et les coupes budgétaires de 2024 ont accéléré son déclin, jusqu’à cette annonce qui l’enterre officiellement.

Un projet jamais à la hauteur des promesses

La Cour des comptes comme plusieurs rapports parlementaires avaient déjà pointé son inefficacité et ses dérives financières. En cinq ans, le programme n’a jamais réussi à recruter le nombre de volontaires attendu, et les objectifs de généralisation sont restés hors de portée. Emmanuel Macron lui-même avait reconnu cet été la nécessité d’une refonte.

Vers de nouveaux dispositifs d’engagement

Matignon préfère parler de transformation plutôt que de suppression. Le SNU laisserait place à un flou « parcours d’engagement citoyen », dont on ignore encore tout, y compris le budget. En parallèle, un « service militaire volontaire » destiné aux plus de 18 ans est annoncé, sans davantage de précisions. En pratique, c’est bien une page qui se tourne : le Service national universel, promesse phare de 2017, rejoint la longue liste des réformes ambitieuses qui n’auront jamais trouvé leur public.

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