Invité samedi sur BFMTV et dans C dans l’air sur France 5, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a livré une analyse sévère de la situation politique actuelle. Selon lui, les institutions françaises « ont beaucoup souffert » ces derniers mois, minées par « l’instabilité, l’imprévisibilité et l’usure du pouvoir ». Il appelle à « respecter nos institutions », jugeant qu’une dissolution précipitée sans budget serait « la pire des situations ».
“Le macronisme a perdu sa boussole de l’intérêt général”
Alors que Sébastien Lecornu tente de former un nouveau gouvernement dans un climat de crise et de menaces de censure, Dominique de Villepin appelle à un « armistice budgétaire ». « Que tous les partis déposent les armes, s’entendent, pour donner un budget à la France », a-t-il exhorté, estimant que « les Français n’en peuvent plus de cette incertitude ». Il a également mis en garde contre le risque d’un effondrement institutionnel : « On ne peut pas aller de dissolution en dissolution sans faire la politique du pire ».
Sévère à l’égard du président de la République, Villepin a dénoncé « les dernières pirouettes du macronisme », un mouvement qu’il juge « engagé dans une mécanique mortelle ». Selon lui, Emmanuel Macron a « perdu sa boussole de l’intérêt général », laissant la France s’enfoncer dans « une crise de confiance sans précédent ».
L’ancien Premier minsitre chiraquien a enfin mis en garde « contre la montée de l’extrême droite », qu’il relie à « la fatigue démocratique » et à « l’effritement des repères républicains ». Pour lui, seule une union des « forces sociales, écologistes et républicaines » pourrait encore éviter le naufrage politique qu’il juge imminent.