Le président américain Donald Trump a lié sa volonté de prendre le contrôle du Groenland à son échec à obtenir le prix Nobel de la paix, affirmant qu’il ne pensait plus « uniquement à la paix », alors que ce différend fait planer la menace d’une nouvelle guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues autour de l’île arctique, territoire autonome du Danemark.
Trump a intensifié la pression en menaçant d’imposer des droits de douane punitifs aux pays qui s’opposent à une acquisition américaine du Groenland, poussant l’Union européenne à envisager des mesures de rétorsion. Le différend met à l’épreuve les relations transatlantiques et fragilise l’OTAN, déjà sous tension en raison de la guerre en Ukraine et des critiques répétées de Trump sur le niveau des dépenses de défense des alliés.
Dans un message adressé au Premier ministre norvégien, Trump a explicitement lié sa posture au fait que le Comité Nobel norvégien ne lui ait pas décerné le prix Nobel de la paix, attribué en 2025 à Maria Corina Machado. Il a également réitéré ses accusations selon lesquelles le Danemark serait incapable de protéger le Groenland face à la Russie ou à la Chine, estimant que « le monde ne sera pas en sécurité » sans un contrôle américain total de l’île.
Face à ces menaces, les dirigeants européens ont promis une réponse unie. Un sommet d’urgence est prévu à Bruxelles pour examiner plusieurs options, dont l’instauration de droits de douane sur près de 93 milliards d’euros d’importations américaines ou l’activation de l’« instrument anti-coercition » de l’UE, qui pourrait restreindre l’accès des États-Unis à certains marchés et services européens. Berlin et Paris ont déjà affirmé qu’ils ne céderaient pas au « chantage ».
Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil et son homologue français Roland Lescure ont insisté sur la nécessité d’une réponse claire et coordonnée. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a pour sa part appelé à des discussions apaisées, jugeant qu’une guerre tarifaire ne servirait les intérêts de personne.
Ces déclarations ont déjà provoqué des remous sur les marchés financiers, avec un repli des actions européennes et un affaiblissement du dollar, les investisseurs redoutant un retour à la volatilité observée lors des précédentes tensions commerciales. À l’approche du Forum économique mondial de Davos, où Trump doit s’exprimer, l’Europe se prépare à défendre sa souveraineté et ses intérêts économiques face à une escalade aux conséquences potentiellement lourdes.