Le Kremlin a déclaré lundi qu’il serait difficile de contredire les experts estimant que le président américain Donald Trump entrerait dans l’histoire des États-Unis et du monde s’il parvenait à prendre le contrôle du Groenland. Cette prise de position intervient alors que le différend autour de l’île arctique continue de susciter de vives réactions internationales.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que la question n’était pas de savoir si une telle démarche serait bonne ou mauvaise, mais de constater qu’un tel événement aurait une portée historique. Selon lui, des experts internationaux considèrent qu’une incorporation du Groenland par les États-Unis marquerait durablement l’histoire mondiale.
Donald Trump a réaffirmé à plusieurs reprises qu’il n’accepterait rien de moins que la souveraineté américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark. Il a soutenu que, sans une prise de contrôle américaine, l’île risquerait de tomber sous l’influence de la Russie ou de la Chine, une affirmation que Moscou n’a pas souhaité commenter.
Interrogé sur ces accusations, Dmitri Peskov a reconnu la circulation récente de nombreuses « informations inquiétantes », tout en précisant que le Kremlin ne ferait aucune déclaration sur d’éventuelles intentions russes concernant le Groenland. Il a ajouté que l’on pouvait, pour l’instant, faire abstraction du débat sur le respect du droit international pour se concentrer sur la portée symbolique d’un tel scénario.
De leur côté, les dirigeants du Danemark et du Groenland ont fermement répété que l’île n’était pas à vendre et ne souhaitait pas devenir partie intégrante des États-Unis. Cette position a été rappelée à plusieurs reprises ces derniers jours, alors que les tensions diplomatiques s’intensifient.
La semaine dernière, le ministère russe des Affaires étrangères a également jugé inacceptable que l’Occident accuse systématiquement la Russie et la Chine de menacer le Groenland. Selon Moscou, cette crise territoriale illustre un double discours des puissances occidentales, qui revendiquent une supériorité morale tout en contestant la souveraineté d’autres États.