Le groupe français CMA CGM, géant mondial du transport maritime et de la logistique, a annoncé ce mercredi 30 avril la reprise des activités cargo de la compagnie aérienne belge Air Belgium, placée en liquidation après des pertes importantes liées à la pandémie de Covid-19. Cette opération permet de sauvegarder 124 emplois, dont 72 pilotes et 52 salariés dans les fonctions opérationnelles et de support, sur les 401 que comptait encore la société.
Une marque préservée et un ancrage belge maintenu
Le tribunal de l’entreprise du Brabant wallon a validé l’offre ferme de reprise déposée par CMA CGM. Aucun montant n’a été communiqué, mais la transaction inclut la reprise de quatre avions cargo : deux Airbus A330-243F et deux Boeing B747-8F, qui viendront compléter la flotte actuelle de CMA CGM Air Cargo. Le groupe marseillais, qui a lancé sa division aérienne en 2021, compte désormais neuf appareils et prévoit d’en doubler le nombre d’ici 2028 avec notamment huit Airbus A350F en commande. CMA CGM a par ailleurs décidé de conserver la marque Air Belgium, « emblématique du paysage aérien belge », et de maintenir l’ancrage de la compagnie à Bruxelles et Liège, deux hubs complémentaires de celui de Paris-Charles-de-Gaulle.
Damien Mazaudier, vice-président exécutif de CMA CGM Air Cargo, a salué le professionnalisme des équipes belges et confirmé l’intérêt stratégique de cette implantation au cœur du Benelux, un marché dynamique du fret aérien. Cette acquisition permettra aussi au groupe de renforcer sa présence sur les liaisons transpacifiques, notamment depuis son hub de Chicago, en pleine expansion.
Cette reprise marque cependant la fin de l’existence d’Air Belgium comme compagnie indépendante à capitaux belges, après les retraits progressifs de l’État fédéral et de la Région wallonne. Le personnel de cabine, longtemps placé en chômage économique, n’a pas été concerné par la reprise. Le projet initial de vols passagers, abandonné en 2023, avait précipité les difficultés de l’entreprise. Une première offre de reprise par un consortium étranger avait été rejetée par le tribunal, ouvrant la voie au groupe dirigé par Rodolphe Saadé.