Grève reconduite au Louvre : l’établissement tente une réouverture partielle malgré la mobilisation
Grève reconduite au Louvre : l’établissement tente une réouverture partielle malgré la mobilisation

Alors que le climat reste tendu au musée du Louvre, la direction a annoncé ce mercredi 17 décembre une ouverture partielle de l’établissement, malgré la reconduction à l’unanimité de la grève par les agents. Une décision qui suscite l’inquiétude des syndicats, au moment où les critiques sur la gestion de l’institution se multiplient.

Une grève votée à l’unanimité

Réunis en assemblée générale le matin même, les agents du Louvre ont une nouvelle fois voté à l’unanimité la poursuite du mouvement social entamé en début de semaine. Le musée, fermé lundi en raison de la mobilisation, était également resté clos mardi, jour habituel de fermeture. Mercredi matin, l’ouverture au public a de nouveau été retardée. Sur le parvis, un panneau informait les visiteurs : « L’ouverture du musée est actuellement retardée. » Environ 300 agents étaient présents à l’AG selon les syndicats.

Les revendications portent notamment sur le sous-effectif chronique, la dégradation des conditions de travail et des infrastructures, mais aussi sur la hausse controversée des tarifs d’entrée pour les visiteurs non-européens. « Le refus des propositions du ministère a été unanime », a déclaré Gary Guillaud (CGT), qualifiant les réponses apportées par la rue de Valois de « propositions indignes ».

Réouverture partielle controversée

Malgré ce contexte, la direction du musée a annoncé à l’AFP une réouverture partielle dès le début de l’après-midi. « Tous les espaces ne sont pas accessibles, mais le musée ouvre et les premiers visiteurs sont en train d’entrer », a-t-elle précisé. Une décision vivement critiquée par les syndicats. « Il ne faudrait pas que la direction du Louvre mette en danger la sûreté de l’établissement », a alerté Valérie Baud (CFDT), dénonçant une tentative de forcer l’ouverture sans les moyens humains nécessaires pour garantir la sécurité des œuvres et des personnes.

Colère des agents, déception des visiteurs

Sur place, la situation génère frustration et incertitude. Certains touristes, venus parfois de loin, expriment leur déception mais témoignent aussi de leur compréhension. « Je respecte les travailleurs, ils défendent leurs droits », confie un étudiant allemand. « Mais si le musée n’ouvre pas aujourd’hui, je ne sais pas si on pourra y aller un autre jour, tout est complet. »

De leur côté, les salariés dénoncent une absence de réponses structurelles de la part du ministère. Lundi, une réunion de crise s’était tenue à la rue de Valois, avec notamment Rachida Dati. Parmi les mesures avancées : une annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation pour 2026, des recrutements ciblés et une prime exceptionnelle. Des annonces jugées insuffisantes par les représentants du personnel, qui réclament une revalorisation pérenne et une refonte de l’organisation du travail.

Un musée sous tension, une direction fragilisée

Ce mouvement social s’inscrit dans un contexte de crise profonde pour le Louvre. Depuis octobre, l’établissement a été frappé par une série d’incidents : vol de bijoux historiques, fermeture de galeries pour raisons de sécurité, dégâts liés à une fuite d’eau. Ces événements ont mis en lumière les fragilités de l’organisation interne du musée.

La présidente du Louvre, Laurence des Cars, déjà entendue au Sénat fin octobre après le « casse du siècle », était de nouveau auditionnée ce mercredi après-midi par la commission de la culture. Objectif : faire la lumière sur les dysfonctionnements sécuritaires pointés par l’enquête administrative et la Cour des comptes.

Sous pression, la ministre de la Culture Rachida Dati a confié à Philippe Jost, président de l’établissement en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour « réorganiser en profondeur » le musée du Louvre. Ce plan de redressement, prévu pour janvier et février 2026, devra s’attaquer aux causes structurelles de la crise, alors que la colère gronde toujours dans les couloirs du plus grand musée du monde.

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