En 2006, Harry Roselmack a marqué l’histoire de la télévision française en devenant le premier présentateur noir du journal de 20 heures sur TF1. Ce week-end, il était l’invité de David Castello-Lopes pour Konbini et a évoqué ce moment symbolique ainsi que son impact sur les téléspectateurs.
« J’ai rencontré des gens, qui sont émus de ce que j’ai fait, parce que ça leur a ouvert des portes intérieures, et que ça a ouvert des portes de représentativité dans la société », confie Harry Roselmack, soulignant l’importance de cette nomination au-delà de sa simple fonction de journaliste.
« Certains ont presque les larmes aux yeux. »
Le journaliste se souvient de l’intensité des réactions : « Les gens et notamment, les Noirs, qui viennent me reparler de ce 17 juillet 2006, et la façon dont ils l’ont vécu, c’était plus intense chez eux que chez moi, qui suis quand même de l’autre côté de la caméra avec des millions de regards sur moi. Tu sens qu’ils en parlent avec plus d’émotion que moi, certains ont presque les larmes aux yeux ».
Pour lui, le symbole de cette nomination demeure puissant : « Ça ne lasse pas de me surprendre, et en même temps ça permet de mesurer à quel point une évolution, même si elle peut être perçue comme symbolique, peut avoir de l’importance pour les gens. Le fait que je fasse le journal de 20 heures, ça a eu une importance qui dépasse le cadre de mon boulot. »
« Ça a surpris les Noirs… »
Harry Roselmack souligne également la réaction du public face à sa nomination : « Ça a surpris les Noirs, pas parce qu’ils pensent qu’un Noir n’était pas capable de le faire, mais parce qu’ils pensaient qu’une chaîne “blanche” et notamment TF1, n’était pas capable de mettre un Noir à ce rendez-vous. Ça a surpris d’autres personnes parce que pour eux c’est un peu insolite de voir un Noir faire ce genre d’exercice. Donc ça a surpris plein gens de façon différente. Et c’est hyper positif. Ça m’a dépassé et je l’assume comme conséquence de ce que j’ai fait, mais ce n’est pas grâce à moi. C’est plus grâce à la chaîne. Moi je n’ai fait que mon boulot finalement. »
Souvent comparé à l’« Obama du JT », Harry Roselmack nuance cette lecture : « C’est un choix d’entreprise, ce n’est pas un peuple qui vote et qui m’a nommé au journal de TF1. C’était un choix, responsable, heureux et un peu audacieux pour l’époque par rapport au contexte français », conclut-il.