«Des chiffres et des lettres» : Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard obtiennent 450.000€ aux prud’hommes mais font appel. (Capture d'écran TMC)
«Des chiffres et des lettres» : Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard obtiennent 450.000€ aux prud’hommes mais font appel. (Capture d’écran TMC)

Figures historiques du jeu télévisé Des chiffres et des lettres, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard ont décidé de faire appel du jugement rendu par le Conseil de prud’hommes de Paris, malgré une décision largement favorable à leur égard. Les deux anciens piliers de l’émission, évincés par France Télévisions à la mi-2022, estiment que les sommes obtenues ne couvrent pas l’intégralité du préjudice subi et souhaitent obtenir une réparation financière plus conséquente.

Une décision favorable, mais jugée insuffisante

Fin novembre, la juridiction prud’homale avait condamné France Télévisions à verser 230.000 euros à Bertrand Renard et 220.000 euros à Arielle Boulin-Prat, soit un total de 450.000 euros, notamment au titre de la discrimination fondée sur l’âge et d’un licenciement jugé nul. Le conseil avait également reconnu le caractère brutal et vexatoire de la rupture de leur relation de travail.

Malgré cette victoire judiciaire, les deux anciens animateurs ont choisi de saisir la cour d’appel. Leur avocate a précisé que cette démarche vise exclusivement à revoir certains aspects financiers du jugement. « Ils souhaitent la réparation intégrale de leurs préjudices », a-t-elle déclaré, estimant que les montants accordés avaient été « prononcés à strict minima ».

Un appel ciblé sur deux points précis

L’appel engagé par Bertrand Renard et Arielle Boulin-Prat porte uniquement sur l’indemnité de requalification de leurs contrats et sur le montant des dommages et intérêts. Le reste de la décision n’est pas remis en cause. Selon leur conseil, la motivation du jugement a au contraire été accueillie avec soulagement par les deux anciens animateurs, tant elle reconnaît la réalité de leur situation professionnelle.

France Télévisions, de son côté, n’a pas souhaité commenter cette nouvelle étape judiciaire.

Des carrières de plusieurs décennies reconnues par la justice

Bertrand Renard et Arielle Boulin-Prat incarnaient respectivement « Monsieur Chiffres » depuis 1975 et « Madame Lettres » depuis 1986, soit 47 ans et 36 ans de présence à l’antenne. Devant les prud’hommes, ils avaient demandé la requalification de leurs contrats à durée déterminée d’usage en contrats à durée indéterminée, ainsi que la reconnaissance d’une rupture abusive.

Après plusieurs mois de procédure, le Conseil de prud’hommes, appuyé par un magistrat professionnel, leur a donné raison. Les juges ont acté que leurs collaborations devaient être considérées comme des CDI de longue durée, compte tenu de la régularité et de l’ancienneté de leurs missions, et ont estimé que la discrimination liée à l’âge était caractérisée.

La fin progressive d’une émission emblématique

Pour justifier le recours aux CDD d’usage, France Télévisions avait fait valoir que la reconduction d’une émission dans une grille de programmes est réévaluée chaque année, une pratique courante dans le secteur audiovisuel. Historiquement diffusé en semaine, Des chiffres et des lettres avait été relégué au week-end sur France 3 à partir de la rentrée 2022, avant d’être totalement supprimé à la rentrée 2024.

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