La 51ᵉ cérémonie des César, présentée par Benjamin Lavernhe, confirme une tendance inquiétante pour l’événement : la perte de son public. Avec 1,60 million de téléspectateurs et 12,3% de part d’audience, la soirée accuse une baisse nette par rapport à l’an passé, qui avait réuni 2,01 millions de spectateurs. Au-delà des chiffres, ce recul reflète un malaise croissant autour du rôle des César et de l’image qu’ils projettent du cinéma français.
Quand le cinéma se transforme en tribune politique
On a pu le constater ces dernières années, de plus en plus, les César apparaissent moins comme une célébration du cinéma que comme une tribune politique et morale. Les récompenses qui ne vont pas forcément aux films les plus populaires et la critique publique de figures économiques comme Vincent Bolloré, actionnaire de Canal+, sont des exemples de ce phénomène. Alors que Canal+ finance chaque année une part énorme du cinéma français, certains artistes et intervenants de la cérémonie n’hésitent pas à s’en prendre à Bolloré, créant une posture moralisante qui interroge. Comme l’a hier dénoncé Cyril Hanouna, « Ils critiquent tous l’actionnaire de Canal+ (Vincent Bolloré), mais c’est lui qui paie toute l’année tous les films. Heureusement que Vincent est là : il est bien gentil de financer, et Canal+ est bien gentil de continuer. »
Des réactions publiques qui divisent
Certaines prises de position, comme cette année les sifflets adressés à Brigitte Bardot, montrent également combien la cérémonie se transforme en espace de jugements et d’invectives, plutôt qu’en célébration artistique. Ces moments participent à une atmosphère qui éloigne une partie du public traditionnel, lassé de ces démonstrations morales.
Une audience qui reflète le désintérêt du public
La baisse de 400 000 téléspectateurs par rapport à la 50ᵉ cérémonie n’est pas uniquement liée à la concurrence des plateformes de streaming : elle traduit aussi un rejet du format actuel, où le cinéma est instrumentalisé pour des prises de position politiques ou sociales. Les César apparaissent de plus en plus comme une tribune pour les acteurs culturels plutôt que comme un rendez-vous célébrant l’excellence cinématographique. Mais ce milieu, qui cultive de plus en plus l’entre-soi et la bonne morale, saura-t-il se remettre en cause ? Rien n’est moins sûr…