Le gouvernement a finalement reculé. Face à une majorité de députés opposés à la mesure, l’exécutif s’engage à ne pas augmenter les franchises médicales, ni dans le budget de la Sécurité sociale examiné ce vendredi, ni par décret une fois le texte adopté. La promesse a été formulée clairement par la porte-parole Maud Bregeon sur TF1, alors que l’examen des recettes de la Sécu se joue dans un climat de négociations tendues à l’Assemblée nationale. Cette concession clôt l’un des points les plus explosifs du budget, la hausse des franchises ayant suscité une fronde transpartisane depuis plusieurs semaines.
Un renoncement qui n’efface pas la question du déficit
Ce retrait ne règle toutefois pas l’équation financière. Maud Bregeon rappelle que l’objectif gouvernemental reste un déficit d’environ 20 milliards d’euros. Si les franchises ne bougent pas, il faudra trouver d’autres économies pour compenser. Dans l’Hémicycle, le gouvernement martèle qu’un rejet du texte entraînerait un démarrage de l’année sans budget de la Sécurité sociale, provoquant selon lui un dérapage immédiat de 10 milliards supplémentaires. L’opposition reste divisée entre critique du projet et crainte d’assumer la responsabilité d’un blocage institutionnel.
Les appels de certains élus, dont Édouard Philippe et Gérard Larcher, à recourir au 49.3 ont été fermement écartés. Pour Maud Bregeon, c’est désormais aux députés de « prendre leurs responsabilités ». En toile de fond, les tractations continuent, notamment autour de la hausse de la CSG sur les revenus du capital, objet d’un compromis la veille. L’adoption de la partie recettes conditionne l’ensemble du budget : sa chute renverrait le texte en troisième lecture, dans un contexte politique déjà sous tension.