Violentomètre, un outil de prévention distribué dans les boulangeries en France
Violentomètre, un outil de prévention distribué dans les boulangeries en France

En amont de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les préfectures de plusieurs départements ont lancé une campagne de sensibilisation fondée sur un support du quotidien : les sachets de boulangerie. Ces sacs à pain, distribués par dizaines de milliers dans plusieurs territoires, affichent un « violentomètre », une frise colorée destinée à aider chacun à identifier la nature d’une relation affective et à repérer les comportements pouvant relever de violences psychologiques, verbales ou physiques. Cette campagne s’appuie sur un outil déjà largement reconnu pour son efficacité pédagogique, utilisé depuis plusieurs années dans les établissements scolaires, les collectivités et les associations spécialisées. La diffusion massive de ce support vise à toucher un public très large, sans distinction d’âge ou de genre, en profitant d’un geste quotidien pour faire passer un message de prévention.

Une échelle visuelle pour reconnaître les signaux de violence

Le violentomètre se présente sous la forme d’une réglette graduée qui détaille vingt trois situations types, permettant de situer une relation sur une échelle allant du respect mutuel à la violence avérée. La zone verte montre les signes d’une relation saine, comme le respect des décisions ou la confiance accordée à l’autre. Les zones jaune et orange signalent des comportements inquiétants, parmi lesquels le chantage, l’isolement ou la surveillance du téléphone portable. Enfin, la zone rouge alerte sur des situations de danger où la personne subit des menaces, des violences physiques ou une absence de consentement. Le verso du sachet rappelle d’ailleurs la définition de ce consentement, présenté comme un accord conscient et libre pour une situation précise. Le numéro 3919, accessible en continu, y est également indiqué pour toute victime ou témoin souhaitant obtenir de l’aide. Cette mise en forme simple permet de rendre immédiatement compréhensibles des notions parfois difficiles à identifier, notamment pour les personnes qui ne savent pas toujours reconnaître les signes précurseurs de violences conjugales.

Un outil devenu incontournable dans la prévention des violences

Créé en 2018 par les observatoires des violences faites aux femmes de Seine Saint Denis et de Paris, en collaboration avec une association spécialisée, le violentomètre s’inspire d’initiatives sud américaines et a connu une diffusion rapide dans l’ensemble du pays. D’abord conçu pour sensibiliser les jeunes dans les lycées et lors de festivals, il s’adresse désormais à l’ensemble de la population et a été adapté en treize langues, afin de toucher un public plus large. De nombreuses collectivités s’en sont emparées et l’ont intégré à leurs actions de prévention. L’outil a également inspiré des déclinaisons dédiées à d’autres problématiques, comme la grossophobie médicale ou l’accompagnement des auteurs de violences intrafamiliales. Cette multiplication d’usages montre l’ancrage progressif du violentomètre dans les politiques publiques de sensibilisation, encourageant une prise de conscience collective sur un sujet qui reste l’une des priorités nationales en matière d’égalité et de sécurité.

Que retenir rapidement ?

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