Une cérémonie religieuse prévue samedi 15 novembre à Verdun, en hommage à Philippe Pétain et à ses soldats, a été interdite par le maire Samuel Hazard. L’élu a justifié sa décision en rappelant la condamnation du chef du régime de Vichy pour trahison en 1945 et sa déchéance de ses titres militaires.
Un hommage jugé « indécent » à Verdun
C’est un arrêté municipal qui a mis fin au projet de messe organisé par l’Association de défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP). L’événement devait se tenir dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Verdun, haut lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale. Le maire, qui dit avoir découvert l’initiative au cours du week-end, a dénoncé une tentative « inacceptable » de réhabilitation d’un homme condamné pour collaboration avec l’occupant nazi. Dans un message publié sur Facebook, Samuel Hazard a exprimé sa colère : « Je n’accepterai jamais qu’une messe soit célébrée à Verdun en hommage à Pétain, frappé d’indignité nationale en 1945 et donc déchu, entre autres, de son grade militaire. Verdun est la cité de l’universalité. Pétain est l’antithèse de l’humanité. » Le maire a également précisé que l’association avait obtenu le consentement de l’autorité ecclésiastique, en l’occurrence celui de l’archevêque de Metz.
Un bras de fer entre mémoire et liberté de culte
Sur son site internet, l’ADMP a indiqué avoir reçu une autorisation écrite d’un vicaire apostolique, après plusieurs démarches auprès des autorités religieuses, pour « organiser une messe en hommage au maréchal Pétain et à ses soldats ». Selon l’association, cette célébration devait commémorer les combats de Verdun et non « l’action politique » du chef de l’État français sous l’Occupation. La mairie estime cependant que cette initiative contrevient à l’esprit de la cité meusienne, symbole du sacrifice républicain et de la mémoire partagée de la Grande Guerre. Samuel Hazard a confirmé que les services municipaux avaient pris un arrêté d’interdiction immédiate et que la police municipale serait mobilisée pour faire respecter cette décision.
Une bataille juridique annoncée
L’Association de défense de la mémoire du maréchal Pétain a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif de Nancy en référé pour contester l’arrêté. Elle invoque le respect de la liberté de culte et affirme que « la cérémonie n’avait aucune visée politique ». Le maire, de son côté, a assuré qu’il irait « jusqu’au bout pour empêcher toute tentative de réhabilitation d’un condamné pour trahison ». En Meuse, où chaque année les commémorations du 11 novembre rassemblent anciens combattants et élus, la polémique vient raviver la sensibilité d’un territoire encore marqué par la mémoire des guerres.