L’Assemblée nationale a tranché. Après un premier rejet il y a un mois, les députés ont finalement adopté l’obligation vaccinale contre la grippe pour les résidents d’Ehpad et certains soignants exerçant en libéral. Le vote, intervenu vendredi dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, s’est soldé par 120 voix pour et 54 contre. Seul le Rassemblement national a voté contre, tandis que La France insoumise, farouchement opposée lors de la première lecture, a choisi cette fois l’abstention.
Une obligation conditionnée, mais un débat électrique
Le texte prévoit que cette obligation n’entrera en vigueur que si la Haute Autorité de santé en formule la recommandation. Elle s’appliquerait alors durant la période épidémique, aussi bien aux résidents qu’aux professionnels libéraux identifiés dans un décret à venir. Mais le retour dans le texte de l’obligation pour les résidents a fait réagir à gauche. La députée LFI Ségolène Amiot a interrogé le gouvernement sur les conséquences pour les personnes refusant la vaccination, rappelant que la couverture actuelle dans les Ehpad atteint déjà 83 %. Le Sénat avait d’ailleurs supprimé cette contrainte avant que l’Assemblée ne la rétablisse.
Un vote élargi sur la participation financière aux soins
Dans le même temps, les députés ont validé la création d’une participation financière obligatoire pour toute personne résidant durablement en France et bénéficiant de la prise en charge de ses soins. Une mesure portée par Horizons et explicitement pensée pour éviter que certains retraités étrangers ne profitent du système sans cotiser. Le montant sera fixé par décret. Selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist, les services travaillent encore à évaluer le nombre de personnes concernées. Le texte poursuit désormais son parcours parlementaire, sur fond de débat tendu autour des obligations sanitaires et de la solidarité nationale.