Les forces de l’ordre proposent désormais un outil spécifiquement pensé pour les mineurs : un chat sécurisé accessible depuis la plateforme masécurité.fr. Lancé jeudi, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, ce service vise à offrir aux jeunes victimes ou témoins de violences un espace de parole simple d’accès, anonyme et disponible à toute heure.
Un dispositif adapté à un public qui n’ose pas se déplacer
Derrière les écrans, des policiers formés répondent 24h/24 aux messages reçus. Ils écoutent, conseillent et orientent, comme Céline, qui décrit une femme prenant enfin la parole sur des violences conjugales. Ce mode de contact, initialement pensé pour les adultes, s’est rapidement révélé crucial pour les mineurs : près de la moitié des signalements les concernaient déjà. Le numérique agit comme un déclencheur, permettant à des jeunes qui n’iraient pas spontanément dans un commissariat de se confier. Pour répondre à cette réalité, la plateforme a été entièrement repensée. Dès l’accueil, un portail dédié aux mineurs permet de décrire pas à pas la situation vécue : violences à la maison, à l’école, dans la rue, dans le sport ou sur les réseaux sociaux. Les échanges sont sécurisés et guidés pour mettre les jeunes en confiance.
Un enjeu majeur face à l’ampleur des violences
La plateforme traite une large diversité de situations : cyberharcèlement, racket, consommation de drogue, violences physiques… mais aussi violences sexuelles, un sujet particulièrement sensible. « Un mineur sur dix est victime de violences sexuelles, et plus d’un tiers dans le cadre familial », rappelle la commissaire Laure Reynaud. Des enfants souvent incapables de se tourner vers les adultes censés les protéger. En 2024, plus de 70 000 victimes mineures de violences sexuelles ont été enregistrées. Le nouveau chat entend offrir une voie d’alerte plus discrète, plus accessible, et surtout mieux adaptée à leur réalité numérique. Avec cet espace sécurisé, police et gendarmerie espèrent briser un tabou encore trop présent et toucher ceux qui restent silencieux faute d’un lieu pour parler. Cette interface pourrait devenir un outil central dans la protection des mineurs et dans la détection précoce des violences.