Un détenu se met en scène sur TikTok et embarrasse l’administration pénitentiaire
Un détenu se met en scène sur TikTok et embarrasse l’administration pénitentiaire

Depuis quelques semaines, ses vidéos tournent en boucle sur TikTok, alimentant fascination, malaise et indignation. Derrière le pseudonyme « le déjanté », un détenu de Châteaudun s’exhibe en direct depuis sa cellule, racontant ses prétendus « contrats » et ponctuant ses interventions de propos violents ou graveleux. Une visibilité qui interroge alors même que les téléphones portables sont strictement interdits en prison.

Une figure trouble devenue phénomène en ligne

Sous ses différents comptes, où il cumule plus de 50 000 abonnés, l’homme se met en scène comme un personnage sulfureux. Certains internautes le présentent comme un tueur à gages, d’autres comme un délinquant qui enjolive son parcours pour attirer l’attention. Les vidéos montrent surtout un individu provocateur, parfois accusé d’exhibitions sexuelles en plein direct.
Selon les informations de CNEWS, il s’agirait d’Anouar K., détenu pour vol avec violence, vols à la tire et violences conjugales. Passé par les prisons de Marseille et Tarascon, il est aujourd’hui incarcéré à Châteaudun, où sa fin de peine est prévue en octobre 2029. Un profil décrit comme « compliqué » et particulièrement actif sur les réseaux sociaux, malgré plusieurs saisies de téléphones dans sa cellule et des sanctions disciplinaires récentes.

Les fouilles XXL peinent à freiner les dérives numériques

Ce cas embarrassant ne serait que la partie émergée d’un phénomène que l’administration tente de reprendre en main. Depuis le lancement des opérations « Zéro portable » voulues par Gérald Darmanin, 38 établissements ont été passés au crible : 2 400 détenus fouillés, 500 téléphones découverts, 5 kg de drogue et 800 objets dangereux saisis.
Mais l’affaire du « déjanté » rappelle à quel point la circulation d’appareils dans les cellules reste un défi quotidien. Et une menace potentielle, selon le garde des Sceaux, qui voit dans cette lutte « un enjeu national ». Les fouilles se poursuivront jusqu’au 31 décembre dans toutes les prisons françaises, sans garantie que ces directs improvisés cessent pour autant.

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