Céline Berthon, directrice générale de la Sécurité intérieure (DGSI), a rappelé que la France reste confrontée à une menace terroriste persistante, dix ans après les attentats de novembre 2015. Depuis janvier 2025, les services de renseignement ont permis de déjouer six projets d’attentats sur le territoire français. « Dans chaque cas, les éléments recueillis ont permis l’ouverture d’une enquête judiciaire et la mise en œuvre de poursuites », a précisé Céline Berthon. Selon elle, ces affaires témoignent d’actes préparatoires concrets et d’une menace toujours active. Les services antiterroristes surveilleraient actuellement plusieurs milliers de personnes susceptibles de basculer dans la radicalisation. Les récents événements de Lyon, où trois jeunes femmes radicalisées ont été interpellées en octobre pour des soupçons d’attentats contre des lieux publics à Paris, illustrent cette vigilance accrue. Les trois suspectes échangeaient abondamment sur internet et fréquentaient des espaces numériques où circulent des contenus violents et extrémistes.
Une radicalisation qui passe désormais par les écrans
Céline Berthon évoque une menace « davantage numérisée », façonnée par les réseaux sociaux et les logiques de recommandation en ligne. Elle décrit trois caractéristiques principales observées chez les nouveaux profils : une fascination pour la violence, un enfermement algorithmique qui renforce la radicalisation et des fragilités psychologiques empêchant la prise de recul face à ces contenus. Pour faire face à ces mutations, la DGSI s’appuie sur environ 5 000 agents répartis sur l’ensemble du territoire. « En dix ans, il y a eu un investissement majeur, tant en effectifs qu’en moyens techniques et légaux », a souligné sa directrice, précisant que les capacités de surveillance et de prévention ont été considérablement renforcées. Alors que la menace évolue vers un terrorisme plus individuel, souvent nourri par les réseaux numériques, la DGSI se prépare désormais à affronter un défi aussi invisible que décentralisé : celui d’une radicalisation qui s’installe derrière les écrans.