Sous-marins nucléaires français – un nouveau géant stratégique prend forme (capture bfm) capture bfm
Sous-marins nucléaires français – un nouveau géant stratégique prend forme (capture bfm)

La France vient de franchir une étape décisive dans la modernisation de sa dissuasion nucléaire. Le programme de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G), baptisé S3G, entre officiellement en phase industrielle sur le site de Naval Group à Cherbourg. Derrière cet acronyme, se cache une ambition colossale : renouveler les quatre SNLE actuels de la classe Triomphant d’ici à 2050 et renforcer la crédibilité de la dissuasion maritime française.

Une nouvelle ère pour la force océanique stratégique

Annoncé en 2021, le projet SNLE 3G vise à remplacer progressivement les sous-marins actuels dès 2037. Ces nouveaux bâtiments impressionnent par leurs dimensions : 150 mètres de long, 12,5 mètres de diamètre et un déplacement en plongée de 15 000 tonnes. Mais surtout, ils seront capables d’embarquer les missiles balistiques M51.4, porteurs chacun de plusieurs têtes nucléaires. Un bond capacitaire majeur pour la Marine nationale.

Ce calendrier s’inscrit dans une transition maîtrisée : le premier SNLE 3G entrera en service 40 ans après Le Triomphant, avec des retraits progressifs pour éviter toute rupture dans la posture de dissuasion. Jusqu’en 2050, l’effort industriel se poursuivra pour livrer l’ensemble des unités.

Un chantier industriel hors norme

Le chantier est titanesque. Naval Group, épaulé par TechnicAtome, coordonne les travaux sur plus de 30 ans, avec la mobilisation de 400 entreprises françaises et la création d’environ 3 000 emplois directs hautement qualifiés. Au total, près de 100 millions d’heures de travail sont prévues. Une véritable locomotive pour l’industrie de défense française.

La Direction générale de l’Armement (DGA) pilote le programme, dont le coût total reste confidentiel. À titre de comparaison, chaque sous-marin de la génération précédente avoisinait déjà les 4 milliards d’euros.

Un nom choisi par l’histoire… et validé par l’Élysée

Les noms de ces futurs SNLE ne sont pas encore connus, mais leur désignation obéira à une procédure bien établie. Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine, rappelle que ces choix sont soumis à un long processus historique, validé au plus haut niveau, jusqu’au président de la République. Un symbole fort pour des bâtiments qui incarneront le cœur de la dissuasion française pendant plusieurs décennies.

En entrant dans cette phase de production, le programme S3G confirme l’engagement de la France à maintenir une capacité stratégique autonome, crédible et technologiquement avancée. Un cap clé pour l’avenir de sa souveraineté maritime.

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