Trois personnes ont été placées en détention provisoire à Paris dans une affaire mêlant espionnage économique et actions de propagande prorusse. Les mis en examen, dont la fondatrice franco-russe de l’association SOS Donbass, sont soupçonnés d’avoir agi pour le compte de Moscou. Leur interpellation marque un tournant dans une enquête ouverte après la diffusion d’affiches prorusses sur l’Arc de Triomphe et après la découverte de démarches menées auprès de cadres d’entreprises françaises pour collecter des informations sensibles. Au fil des investigations, la Direction générale de la sécurité intérieure avait mis en lumière des activités jugées susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Ces éléments ont conduit à la désignation d’un juge d’instruction pour examiner des faits punis lourdement par le droit pénal français.
Une propagande active et un réseau dissimulé derrière une association
Selon les premiers éléments communiqués, l’un des suspects, un ressortissant russe de quarante ans, a été identifié grâce aux caméras de surveillance alors qu’il collait, début septembre, des affiches glorifiant la Russie sur le monument parisien. Il aurait ensuite contacté par téléphone la fondatrice de SOS Donbass, une Franco-Russe du même âge soupçonnée d’avoir approché des décideurs économiques pour obtenir des renseignements. Cette femme se trouvait dans le viseur des services de renseignement depuis le début de l’année, en raison d’agissements jugés préoccupants. La DGSI estime que l’association, créée en 2022 dans les Pyrénées-Atlantiques et présentée comme une structure humanitaire en soutien aux civils du Donbass, servait en réalité de couverture à un dispositif d’ingérence mêlant collecte d’informations, propagande et influence politique. Deux autres hommes figurent parmi les mis en examen, dont l’un, âgé de soixante-trois ans, a également été écroué. Un quatrième suspect a échappé à la détention mais doit respecter un contrôle judiciaire strict lui interdisant toute activité associative en lien avec la politique internationale.
Une affaire au cœur des stratégies d’influence et de la « guerre hybride »
Le juge d’instruction a retenu une qualification particulièrement lourde, celle d’intelligence avec une puissance étrangère, passible de dix années d’emprisonnement. Les autorités françaises inscrivent cette affaire dans un contexte plus large de « guerre hybride », où se croisent espionnage, manipulation de l’opinion et actions de déstabilisation. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue du réseau, les objectifs poursuivis et l’ampleur réelle des informations collectées au cours des démarches entreprises auprès de milieux économiques. La mise en examen des quatre personnes et l’incarcération de trois d’entre elles témoignent de la gravité des faits reprochés, dans un dossier où la justice souligne l’importance de protéger les intérêts français face aux tentatives d’ingérence étrangère. L’enquête se poursuit afin de préciser les responsabilités de chacun et d’évaluer les ramifications de cette structure décrite comme un relais d’influence au service de Moscou.