À l’approche des fêtes de fin d’année, la mobilité des Français s’organise largement autour de la proximité et de la route. Selon une étude réalisée par OpinionWay pour Ulys, près de deux tiers de la population prévoit de se déplacer pendant la période de Noël, tous moyens de transport confondus. Derrière ce chiffre global se dessine une France qui privilégie les trajets raisonnables, souvent en voiture, et adapte ses déplacements en fonction de l’âge, de la situation familiale et du territoire. Les fêtes restent un moment de rassemblement, mais sans nécessairement traverser le pays de bout en bout. La voiture s’impose très largement comme le moyen de transport dominant. Parmi les Français qui envisagent de se déplacer, plus de huit sur dix comptent utiliser leur véhicule personnel. Cette préférence est encore plus marquée chez les couples avec enfants, dont neuf sur dix prévoient de prendre la route, contre trois quarts des célibataires sans enfant. Les jeunes adultes, eux, diversifient davantage leurs options, alternant entre la voiture et le train. À l’inverse, les seniors sont proportionnellement les plus nombreux à déclarer qu’ils ne se déplaceront pas du tout pendant les fêtes, suggérant que ce sont souvent eux qui accueilleront famille et proches.
Des distances modérées et de fortes disparités territoriales
L’étude met en évidence un attachement net à la proximité. Près de la moitié des Français qui se déplacent pendant les fêtes parcourront moins de cinquante kilomètres. Cette tendance est particulièrement marquée dans le Nord-Est, dans l’Ouest et en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où les trajets courts concernent environ un habitant sur deux, voire davantage. À l’inverse, l’Île-de-France se distingue par des distances plus longues, avec une proportion plus faible de déplacements courts. Les Franciliens présentent un profil spécifique. Ils sont moins nombreux à utiliser la voiture que les habitants de province, mais ils sont aussi ceux qui prévoient les trajets les plus longs. Plus de la moitié d’entre eux envisagent de parcourir plus de cent cinquante kilomètres pour rejoindre leur lieu de fête, contre environ un tiers au niveau national. Cette particularité se traduit également par un recours plus fréquent à l’autoroute, signe de déplacements interrégionaux plus marqués. La géographie sociale joue aussi un rôle important. Les trajets courts concernent davantage les catégories modestes, tandis que les catégories plus favorisées se projettent plus volontiers sur des distances plus longues. Les ouvriers figurent parmi les plus nombreux à prendre la route pendant les fêtes, illustrant le rôle central de la voiture dans les mobilités quotidiennes et exceptionnelles hors des grandes métropoles.
Autoroute, télépéage et nouvelles pratiques de mobilité
L’usage de l’autoroute varie sensiblement selon les territoires et les équipements. Les habitants du Nord-Est, bien qu’assez nombreux à se déplacer, privilégient davantage les itinéraires alternatifs. À l’inverse, le recours à l’autoroute est nettement plus fréquent chez les détenteurs d’un pass de télépéage, qui l’utilisent bien plus que ceux qui n’en disposent pas. Cette différence souligne l’impact des outils de fluidification du trafic sur les choix d’itinéraires. À l’approche de Noël, cette photographie de la mobilité française révèle une réalité contrastée mais cohérente. Les Français continuent de se déplacer pour se retrouver, mais privilégient de plus en plus la proximité, la voiture et des trajets adaptés à leurs contraintes personnelles. Entre distances modérées et grands déplacements ponctuels, la route reste l’axe central des fêtes de fin d’année.