L’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi portée par La France insoumise pour nationaliser ArcelorMittal France, un texte présenté comme une réponse à la crise profonde que traverse la sidérurgie. Le vote, remporté par 127 voix contre 41, a été célébré comme une avancée majeure par les députés insoumis. Dans l’hémicycle, l’annonce a suscité applaudissements et déclarations triomphantes, certains élus affirmant assister à un moment historique pour l’industrie française.
Un vote symbolique sous la menace d’un rejet au Sénat
Malgré l’enthousiasme affiché par une partie de la gauche, l’avenir du texte demeure très incertain. La proposition doit désormais être examinée par le Sénat, dominé par la droite et le centre, où le rejet semble déjà acté. Plusieurs élus ont souligné que la chambre haute ne voterait jamais une nationalisation de cette ampleur, décrivant ce succès comme largement symbolique. Les auteurs de la proposition insistent toutefois sur la nécessité d’un changement profond, arguant que la nationalisation deviendra tôt ou tard une évidence politique, au vu de la détresse du secteur et des suppressions d’emplois annoncées.
Un projet à 3 milliards d’euros pour sauver l’acier français
Le texte présenté par LFI chiffre la nationalisation à trois milliards d’euros et ambitionne de placer l’activité française d’ArcelorMittal sous contrôle public afin de préserver la filière et ses 15 000 emplois. Les insoumis défendent l’idée qu’un tel changement est indispensable pour contrer les plans sociaux annoncés au printemps et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux. Le gouvernement, en revanche, refuse catégoriquement cette voie. Le ministre de l’Industrie estime qu’une prise de contrôle publique fragiliserait encore davantage l’activité et que la véritable menace provient de l’acier asiatique qui inonde le marché européen. D’autres groupes politiques ont exprimé une position intermédiaire, évoquant soit une mise sous tutelle, soit un droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques plutôt qu’une nationalisation intégrale.
Mobilisation des salariés et pression syndicale
Alors que le vote se déroulait à l’Assemblée, des salariés d’ArcelorMittal étaient présents dans les tribunes pour soutenir la proposition. À l’extérieur, environ trois cents personnes se sont rassemblées sur l’esplanade des Invalides à l’appel de la CGT. Fumigènes, pétards et banderoles ont rythmé cette mobilisation destinée à maintenir la pression avant le vote du « plan acier » prévu au Parlement européen début décembre. Les représentants syndicaux appellent à poursuivre la mobilisation pour obtenir une intervention forte de l’État dans la défense de la sidérurgie française.