Huit ans après un drame survenu au CHRU de Nancy, la justice a rendu son verdict. Quatre infirmières ont été condamnées lundi à des peines allant de 12 à 18 mois de prison avec sursis pour homicides involontaires, à la suite du décès de deux nourrissons prématurés en avril 2017. Les bébés, hospitalisés en réanimation néonatale, avaient succombé à une surdose médicamenteuse après l’administration d’un sirop de phosphore non dilué.
Une erreur de traitement aux conséquences fatales
Les faits remontent au 25 avril 2017. Les deux nourrissons, pesant chacun environ 1,2 kg, avaient reçu un médicament destiné à corriger une carence en phosphore. Pensant le produit prêt à l’emploi, les soignantes ne l’avaient pas dilué, provoquant une surdose mortelle. Jugées en octobre devant le tribunal correctionnel, les infirmières ont assuré ne pas avoir eu connaissance de la nécessité de dilution, invoquant des prescriptions médicales imprécises et une forte surcharge de travail dans le service.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en prononçant des peines avec sursis, sans toutefois assortir la condamnation d’une interdiction d’exercer, pourtant demandée par l’accusation. Selon le ministère public, les infirmières auraient dû se référer au protocole d’administration des médicaments, disponible dans un classeur au sein du service. Initialement mis en cause, le CHRU de Nancy ainsi qu’un des médecins prescripteurs ont bénéficié d’un non-lieu en janvier dernier. Cette affaire relance néanmoins le débat sur les conditions de travail à l’hôpital et la chaîne de responsabilités en milieu médical.