Après plusieurs semaines de tensions et d’inquiétude, le groupe Orange a officialisé le déménagement des salariés de la partie tertiaire de son site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement de Marseille. L’annonce a été faite lors d’un comité social et économique central extraordinaire tenu le 15 janvier, mettant fin à une période de forte anxiété pour les personnels concernés. Depuis le début de l’année, le climat s’était nettement dégradé autour du centre opérationnel, marqué notamment par des impacts de balles sur la façade du bâtiment. Ces faits, sur fond de violences liées aux trafics dans le quartier, avaient ravivé les demandes syndicales d’un transfert des salariés vers des sites jugés plus sûrs. Les représentants du personnel évoquaient un quotidien devenu difficile, avec des agents se rendant au travail « la boule au ventre », dans un environnement perçu comme instable et dangereux. L’annonce du déménagement a donc été accueillie avec soulagement par les organisations syndicales, qui réclamaient depuis plusieurs mois une décision claire de la direction. Le choix d’Orange acte la fin, à terme, de l’activité tertiaire sur ce site emblématique mais exposé.
Une transition progressive et des solutions temporaires
Dans les faits, le déménagement ne sera pas immédiat. Il devrait s’étaler sur plusieurs mois, le temps pour l’entreprise de réorganiser ses implantations marseillaises. Pendant cette phase transitoire, Orange prévoit une combinaison de solutions afin d’assurer la continuité de l’activité : recours accru au télétravail, réouverture temporaire de sites précédemment fermés et utilisation d’espaces de co-working. Tous les personnels ne quitteront cependant pas Saint-Mauront. Les agents dont la présence est indispensable pour intervenir sur les installations techniques resteront sur place, au moins dans un premier temps. Cette distinction vise à maintenir le fonctionnement des infrastructures tout en réduisant l’exposition des équipes administratives et tertiaires aux risques du quartier. Au-delà de l’urgence sécuritaire, les syndicats ont profité de cette annonce pour formuler des propositions de plus long terme. Ils estiment que, si une amélioration durable de la situation venait à se confirmer, la question d’une relocalisation d’emplois pourrait se poser à nouveau, notamment pour des activités de services clients. Une telle perspective serait, selon eux, bénéfique à la fois pour l’entreprise et pour les habitants du secteur, en favorisant l’emploi local et en contribuant à une forme d’apaisement social. En novembre déjà, le site avait été fermé pendant deux semaines à la suite de tensions entre groupes rivaux cherchant à contrôler les points de deal alentour. Cet épisode avait servi de signal d’alarme, renforçant la pression sur la direction pour qu’elle prenne une décision structurelle. Avec l’officialisation du déménagement, Orange tourne une page sensible de sa présence dans ce quartier de Marseille, tout en laissant ouverte la question de son rôle futur dans un territoire marqué par de profondes difficultés sociales et sécuritaires.