Cette semaine, une vidéo a provoqué l’indignation générale. On y voit un jeune garçon, placé dans un foyer éducatif parisien, assis torse nu sur une chaise, tandis qu’une éducatrice lui rase la tête à l’aide d’une tondeuse. La scène montre un acte de violence contre un enfant en situation de protection.
L’établissement concerné, le foyer éducatif Jenner, accueille des mineurs et des jeunes majeurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance. La structure est gérée par une association reconnue, mais les faits révèlent des manquements graves à la mission de protection. La municipalité de Paris a dénoncé la gravité de l’incident et envisage de se constituer partie civile. Les responsables ont été qualifiés de défaillants dans l’exercice de leur rôle.
La Défenseure des droits s’autosaisit
Face à l’ampleur des révélations, Claire Hédon, Défenseure des droits, a décidé de s’autosaisir de l’affaire. Elle dénonce non seulement l’acte de violence lui-même, mais aussi la chaîne de dysfonctionnements qui l’a permis : la vidéo diffusée dans un groupe professionnel avec très peu de réactions, et la désinformation de la mère de l’enfant. Elle souligne la nécessité d’identifier toutes les responsabilités impliquées.
Le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête pour « violences volontaires sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité ».
Un problème structurel de la protection de l’enfance
Pour les militants de la protection de l’enfance, cette affaire témoigne des lacunes structurelles persistantes dans le contrôle et la supervision des foyers accueillant des mineurs. Le manque de formation et de qualification de certains professionnels, associé à des moyens humains insuffisants, contribue à des situations de maltraitance et à des souffrances importantes chez les enfants.
Un ancien enfant placé et militant pour les droits des jeunes rappelle que depuis plusieurs années, il est nécessaire de créer une instance nationale de contrôle indépendante pour surveiller tous les établissements de l’Aide sociale à l’enfance. Selon lui, l’absence de supervision favorise les comportements abusifs et met en danger le bien-être des enfants, qu’ils soient dans des structures publiques ou privées.