La Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a dégénéré ce samedi à Paris, où le collectif Némésis a une nouvelle fois été pris pour cible par des groupes d’extrême-gauche antifas. Alors que plusieurs cortèges féministes se mettaient en place dans la capitale, les militantes de Némésis s’étaient rassemblées au square du Temple avant de rejoindre la marche. Très vite, leur simple présence a déclenché insultes, jets de slogans hostiles et tentatives d’intimidation de la part de militants d’ultragauche.
Encadrées par un important dispositif de sécurité, les jeunes femmes ont pourtant poursuivi leur mobilisation dans le calme. Les forces de l’ordre ont dû intervenir pour empêcher plusieurs éléments radicaux d’approcher le groupe. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des antifas hurlant des slogans visant explicitement les militantes du collectif, tandis que ces dernières répondaient en entonnant la Marseillaise, drapeaux français en main. Trois interpellations ont été effectuées après des tentatives de violences.
Cette scène démontre une fois de plus le paradoxe de ces mobilisations censées défendre les femmes : un collectif féministe est aujourd’hui menacé, chahuté et parfois bousculé… par d’autres manifestants se réclamant du même combat. Pour Némésis, cette hostilité persistante s’explique par son refus de se plier au féminisme « woke » et à la culpabilisation permanente. Les militantes mettent en avant un message simple, fondé sur la protection des femmes, le refus de la violence et une vision exigeante de la sécurité dans l’espace public.
Alors que les chiffres des violences faites aux femmes demeurent alarmants, les tensions de ce samedi interrogent. Entre mobilisations idéologiques, rivalités internes et radicalité de certains groupuscules, la lutte contre les violences semble parfois instrumentalisée au détriment du débat de fond. Dans ce tumulte, Némésis revendique la liberté de manifester sans être menacé, un principe pourtant élémentaire dans une démocratie. Ce samedi, il a fallu l’intervention de la police pour que des jeunes femmes puissent simplement marcher.