Le collectif féministe Nemesis a vu son compte Instagram suspendu samedi soir sans avertissement. Une décision dénoncée par sa fondatrice, Alice Cordier, qui s’est insurgée sur X contre ce qu’elle qualifie de « véritable acharnement ». « Depuis deux mois, Meta ferme arbitrairement nos comptes un à un. Sans raison valable, si ce n’est nous faire perdre le fruit de notre travail », a-t-elle écrit, promettant de « crier encore plus fort la prochaine fois ».
Une nouvelle vague de censure qui frappe les lanceurs d’alerte
Sur son compte X, le collectif a également réagi : « META NOUS CENSURE Notre compte Instagram a été fermé arbitrairement, sans aucune raison valable. C’est un gros coup dur, sachant qu’il représentait le principal de notre activité de communication et de recrutement. » Nemesis, connu pour ses actions de terrain et ses campagnes contre les violences faites aux femmes, assure avoir déposé une contestation et refuse de « lâcher quoi que ce soit ».
Sur Instagram, Nemesis publiait régulièrement des alertes et des témoignages concernant les violences, agressions et féminicides subis par des femmes françaises. Le collectif y relayait également ses opérations de sensibilisation dans l’espace public, notamment contre l’islamisme et les violences sexuelles. Ce compte, suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes, constituait une vitrine essentielle de leur engagement et un outil de mobilisation.
Cette suspension n’est pas une première. Le collectif, ainsi que plusieurs de ses porte-paroles, ont vu leurs comptes supprimés à plusieurs reprises par Meta, souvent sans explication. L’affaire s’inscrit dans une série de suspensions survenues depuis l’été 2024, période marquée par la fermeture de C8 par l’Arcom et la suppression de plusieurs comptes d’influenceurs classés à droite. Pour Nemesis, la censure ne fera que renforcer leur détermination : « Pour nos mères, nos sœurs, nos filles, nous ne lâcherons jamais rien. »