La France a décidé d’augmenter significativement le montant de l’aide au retour volontaire destinée aux migrants en situation irrégulière, dans un contexte de tensions croissantes avec le Royaume-Uni au sujet des traversées de la Manche. Selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel, l’allocation forfaitaire peut désormais atteindre 2 200 euros pour les nationalités les plus représentées parmi les migrants parvenant au Royaume-Uni après une traversée illégale, avec un plafond majoré fixé à 3 500 euros. Ce relèvement vise à renforcer l’efficacité du dispositif et à encourager davantage de départs volontaires. L’Office français de l’immigration et de l’intégration avait versé 6 908 aides de ce type en 2024.
Une mesure liée aux engagements franco-britanniques
Cet ajustement intervient alors que Londres accentue sa pression sur Paris pour limiter les départs depuis les côtes françaises. L’arrêté précise que cette aide renforcée s’applique également aux étrangers réadmis en France dans le cadre de l’accord dit « un pour un », conclu cet été entre les deux pays. Ce mécanisme prévoit que pour chaque migrant intercepté arrivant au Royaume-Uni après une traversée irrégulière, un migrant passé par la France peut être renvoyé vers celle-ci, un dispositif censé responsabiliser davantage les autorités françaises dans la lutte contre les départs clandestins.
Un levier incitatif destiné à limiter les traversées
L’exécutif présente cette hausse de l’ARV comme une incitation pragmatique offrant une alternative aux procédures d’éloignement forcé, souvent longues et complexes. En relevant le montant maximal de 2 500 à 3 500 euros, les autorités espèrent convaincre davantage de migrants de repartir volontairement vers leur pays d’origine, une stratégie jugée plus efficace que les expulsions subies. Cette évolution du dispositif s’inscrit dans un effort plus large pour réduire les flux migratoires irréguliers depuis le littoral français et apaiser les relations avec Londres, alors que la pression migratoire reste forte dans la région de Calais.