France : la fécondité recule dangereusement en 2025
France : la fécondité recule dangereusement en 2025

La France a franchi en 2025 un seuil démographique inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon le bilan publié par l’Insee, le nombre de décès a dépassé celui des naissances, faisant basculer le solde naturel dans le rouge. Un basculement symbolique, mais lourd de conséquences, qui éclaire le vieillissement accéléré de la population et l’essoufflement durable de la natalité. Au 1er janvier 2026, la population française est estimée à 69,1 millions d’habitants. Elle continue donc de croître, mais à un rythme modéré (+0,25 % sur un an), uniquement grâce au solde migratoire. La dynamique naturelle, elle, s’est inversée.

Naissances en chute, fécondité à un plus bas historique

En 2025, 645 000 bébés sont nés en France. C’est 2,1 % de moins qu’en 2024 et près d’un quart de moins qu’en 2010, dernière année de forte natalité. Le constat est d’autant plus marquant que le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants ne diminue plus depuis plusieurs années. La baisse des naissances s’explique donc exclusivement par le recul de la fécondité. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,56 enfant par femme en 2025. Il n’avait jamais été aussi bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Cette baisse concerne surtout les femmes de moins de 35 ans, tandis que la fécondité après 35 ans, longtemps en hausse, tend désormais à se stabiliser. Dans le même temps, l’âge moyen à l’accouchement continue d’augmenter, atteignant 31,2 ans. Ce décrochage durable de la fécondité confirme un changement profond des trajectoires familiales, dans un contexte marqué par les incertitudes économiques, les tensions sur le logement et l’évolution des modes de vie.

Plus de décès, mais une espérance de vie toujours en hausse

Face à cette chute des naissances, 651 000 décès ont été enregistrés en 2025, soit une hausse de 1,5 % sur un an. Cette augmentation s’explique en partie par une épidémie de grippe particulièrement virulente en début d’année, mais aussi par un phénomène structurel : l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. Malgré cela, l’espérance de vie progresse encore. Elle atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, des niveaux historiquement élevés. L’écart entre les sexes continue de se réduire, passant sous les six ans. La France reste ainsi au-dessus de la moyenne européenne en matière de longévité. Le solde naturel ressort donc à –6 000 en 2025. Un chiffre faible en volume, mais hautement symbolique, puisqu’il marque une rupture historique à l’échelle nationale.

Vieillissement accéléré et nouveaux équilibres sociaux

Au 1er janvier 2026, les Français âgés de 65 ans ou plus représentent 22,2 % de la population, quasiment à égalité avec les moins de 20 ans (22,5 %). Cette convergence illustre le vieillissement rapide de la société française, accentué par la baisse des naissances et l’allongement de la durée de vie. Les plus de 75 ans représentent désormais plus de 11 % de la population, contre un peu plus de 8 % vingt ans plus tôt. Cette transformation démographique pose des enjeux majeurs pour le financement des retraites, l’organisation du système de santé et l’équilibre du marché du travail. Dans ce paysage en mutation, les comportements familiaux évoluent également. Le nombre de mariages repart légèrement à la hausse en 2025, avec 251 000 unions célébrées, tandis que le nombre de pacs reste stable autour de 197 000. Si la population française continue de croître grâce aux migrations, le basculement du solde naturel marque une nouvelle phase démographique. Une France plus âgée, moins féconde et confrontée à des choix structurants pour adapter son modèle social à cette réalité désormais installée.

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