En Ariège, les gendarmes ont été confrontés aux manifestants mobilisés contre l’abattage de vaches contaminées
En Ariège, les gendarmes ont été confrontés aux manifestants mobilisés contre l’abattage de vaches contaminées

La situation s’était tendue, jeudi 11 décembre 2025, en fin de journée aux Bordes-sur-Arize (Ariège), où les forces de l’ordre avaient tenté de disperser les manifestants réunis pour empêcher l’abattage de plus de 200 bovins atteints de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Selon la préfecture, les gendarmes présents sur place depuis 13 h 30 pour permettre l’accès des vétérinaires à l’exploitation avaient été la cible de jets de projectiles et de cocktails Molotov, émanant notamment de membres de la mouvance contestataire d’extrême gauche. Des échanges brefs mais intenses avaient eu lieu avec les manifestants, les premiers lançant des pierres, les seconds répliquant avec des grenades lacrymogènes. Le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, avait déclaré que les deux frères propriétaires du troupeau avaient donné leur accord à l’abattage des 207 blondes d’Aquitaine, conformément au protocole sanitaire. Il avait dénoncé la poursuite des actions de blocage, appelant « à la raison » et au respect de la volonté des éleveurs.

Une seule stratégie possible ?

Depuis la veille, des centaines d’agriculteurs, parmi lesquels des membres de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, s’étaient mobilisés pour tenter de faire obstacle à l’abattage. À l’aide de tracteurs et de troncs d’arbres, ils avaient bloqué les accès à l’exploitation. « Notre intention est d’empêcher [l’abattage]. Il faut que la ministre [Annie Genevard] prenne conscience de la situation », avait insisté Jérôme Bayle, figure de la mobilisation. Dans la matinée, le préfet avait expliqué que l’abattage du troupeau restait la seule stratégie sanitaire efficace pour contenir la propagation du virus en France. Il avait déclaré au micro d’Ici Occitanie : « Aujourd’hui, c’est la seule solution qui fonctionne. Si je dois faire preuve de fermeté, je le ferai, mais je serai désolé d’en arriver là. »

Quid du protocole alternatif 

Mercredi, syndicats et chambres d’agriculture avaient soumis un protocole alternatif au ministère, proposant de limiter l’abattage aux vaches testées positives et de suivre le reste du troupeau par PCR pendant plusieurs semaines. Ils avaient également appelé à une vaccination massive, au-delà des zones réglementées, et à la création d’une zone de protection de cinq kilomètres autour du foyer. Jusqu’ici, la réglementation prévoyait l’abattage complet du troupeau concerné, l’instauration d’une zone réglementée de 50 kilomètres autour du foyer et la vaccination obligatoire dans ce périmètre. Par ailleurs, un second foyer avait été détecté dans les Hautes-Pyrénées, à Luby-Betmont, où une vingtaine de bovins devaient être abattus le vendredi suivant. Là aussi, une dizaine d’éleveurs s’étaient mobilisés pour bloquer l’intervention des vétérinaires. Le préfet du département, Jean Salomon, s’était inquiété de ces blocages qui risquaient, selon lui, d’aggraver la diffusion du virus. Les foyers détectés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées figuraient parmi les premiers signalés dans ces départements depuis l’apparition du virus en Savoie en juin 2025. La maladie, non transmissible à l’humain mais potentiellement mortelle pour les bovins, restait sous surveillance. Le gouvernement avait d’ailleurs lancé des réflexions sur une éventuelle vaccination préventive du cheptel français, un sujet encore débattu au sein de la filière.

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