Deux ministres aujourd’hui à Marseille : quels actes face au narcobanditisme
Deux ministres aujourd’hui à Marseille : quels actes face au narcobanditisme

Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, les ministres de l’Intérieur et de la Justice se rendent à Marseille dans un climat d’extrême tension. Leur visite est très attendue par les magistrats, les enquêteurs et les acteurs associatifs, tous confrontés à une violence devenue structurelle dans plusieurs quartiers de la ville. Le meurtre en plein jour du jeune homme, qui souhaitait intégrer la police, a profondément choqué la population et relancé le débat sur la capacité de l’État à répondre à l’ampleur du narcobanditisme. La justice privilégie désormais la piste d’un geste d’intimidation visant son frère, Amine Kessaci, engagé publiquement contre le trafic de drogue et placé sous protection policière depuis plusieurs mois. Dans ce contexte, la famille, soutenue par de nombreux habitants, appelle à une marche blanche pour rappeler l’urgence à sécuriser ceux qui dénoncent les réseaux.

Une ville sous pression et une justice débordée

Sur le terrain, magistrats et policiers décrivent une situation qui se dégrade rapidement. Plusieurs responsables judiciaires évoquent la nécessité de prendre de nouvelles mesures de protection, notamment l’anonymisation des procédures impliquant des réseaux violents comme la DZ Mafia, connue pour recruter des mineurs et confier des exécutions contre quelques milliers d’euros. Les professionnels soulignent que la criminalité organisée agit avec une brutalité croissante et que les moyens actuels ne permettent pas d’enrayer efficacement l’implantation des trafics. Le tribunal judiciaire de Marseille, déjà sous forte pression, traite un volume de dossiers comparable à celui de certaines juridictions franciliennes et doit composer avec une embolie qui freine l’avancée de nombreux procès. Dans la région, la cour d’appel d’Aix en Provence cumule près de cinq cents procédures criminelles en attente, dont celle des assassins présumés du frère aîné d’Amine Kessaci, toujours sans date d’audience malgré les engagements d’un traitement prioritaire.

L’exécutif attendu sur une stratégie claire

La visite des ministres intervient après une réunion d’urgence à l’Élysée, où le président a appelé à adopter une approche similaire à celle déployée contre le terrorisme. Cette orientation suscite des attentes élevées, alors que plusieurs élus locaux réclament depuis longtemps une augmentation significative des effectifs judiciaires et policiers. Le maire de Marseille insiste pour obtenir davantage de moyens d’enquête et critique la suppression de la préfecture de police, tandis que l’opposition demande des mesures d’exception comme l’état d’urgence, une option écartée par le gouvernement. Ce dernier affirme vouloir agir sur l’ensemble de la chaîne du trafic, du consommateur jusqu’aux chefs de réseaux opérant depuis l’étranger, et rappelle avoir demandé l’extradition de plusieurs figures du narcotrafic installées aux Émirats. Les annonces détaillées de cette stratégie sont attendues lors de la visite ministérielle, dans une ville où la population, les magistrats et les forces de l’ordre disent ne plus vouloir se contenter de déclarations d’intention.

Que retenir rapidement ?

Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, les ministres de l’Intérieur et de la Justice se rendent à Marseille dan

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