Selon des chercheurs européens, la saison estivale pourrait s’allonger de six semaines d’ici à la fin du siècle, avec des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. En cause : le réchauffement accéléré des régions polaires qui bouleverse la circulation atmosphérique. C’est une projection qui interroge autant qu’elle inquiète : à l’horizon 2100, l’été en Europe pourrait durer 42 jours de plus qu’aujourd’hui. Une tendance déjà amorcée et qui s’expliquerait par un réchauffement disproportionné de l’Arctique, quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale. Ce déséquilibre réduit l’écart thermique entre le pôle et l’équateur, ralentit les mouvements d’air à grande échelle, et favorise des périodes estivales plus longues, plus stables… et plus chaudes.
Les scientifiques confirment le risque
Des travaux menés par des chercheurs du Royal Holloway de l’Université de Londres, publiés dans Nature Communications, confirment cette dynamique en comparant l’actuel réchauffement à un épisode climatique ancien : l’optimum climatique de l’Holocène, survenu entre 9500 et 5500 ans avant notre ère. Cette période, marquée par une hausse des températures en Arctique et en Europe du Nord, avait, elle aussi, connu une extension de la saison chaude. Le mécanisme est connu : en diminuant la surface de glace, le réchauffement réduit l’effet albédo, c’est-à-dire la capacité de la Terre à renvoyer la lumière du soleil. Ce phénomène accélère à son tour le réchauffement. Conséquence, selon les chercheurs : chaque degré de réduction de l’écart thermique entre les pôles et l’équateur se traduirait par six jours d’été supplémentaires sur le continent européen. Les impacts d’un tel allongement sont multiples. Sur le plan sanitaire, il accroît les risques de déshydratation, d’insolation et d’aggravation des troubles psychiques. Sur l’environnement, il fragilise les écosystèmes, accentue les risques d’incendie, de sécheresse, et menace la biodiversité. L’hiver, lui, pourrait se réduire à moins de deux mois. Une tendance rampante que les scientifiques appellent à prendre au sérieux, tant elle redessine déjà les contours du climat européen.