À l’approche de la rentrée, une nouvelle règle de civisme entre officiellement en vigueur dans les écoles québécoises : les élèves, du préscolaire au secondaire, doivent désormais vouvoyer le personnel et s’adresser à lui en utilisant les formules « madame » ou « monsieur ». Annoncée l’été dernier par le gouvernement, la mesure s’inscrit dans un règlement plus large visant à renforcer le respect à l’école, mais suscite des réactions contrastées au sein de la communauté éducative.
Si l’objectif de lutter contre les incivilités fait consensus, les moyens choisis sont loin de rallier tout le monde. Plusieurs organisations syndicales estiment que cette obligation formelle risque d’être difficile à faire appliquer et de détourner l’attention des problèmes jugés plus urgents, comme le manque de ressources et la hausse des situations de violence envers le personnel scolaire.
Un symbole jugé insuffisant face aux enjeux de violence
Du côté des enseignants, certains considèrent le vouvoiement comme un outil parmi d’autres, qui devrait rester à la discrétion de chacun plutôt qu’être imposé uniformément. D’autres dénoncent une mesure perçue comme symbolique, voire déconnectée de la réalité quotidienne des classes, où les agressions verbales et physiques restent fréquentes malgré les codes de conduite existants.
Le gouvernement défend pour sa part un cadre destiné à favoriser un climat respectueux, appelant à une application mesurée de la règle. Des experts en éducation soulignent toutefois que le respect ne se décrète pas uniquement par le langage et plaident plutôt pour une meilleure formation du personnel et une prise en charge plus structurée des comportements problématiques. Le débat, relancé par l’entrée en vigueur du règlement, illustre les tensions persistantes autour des réponses à apporter aux difficultés du milieu scolaire.