La cour d’assises de Paris a condamné en appel trois hommes issus du milieu criminel corse pour l’assassinat de Jean-Michel German, tué en septembre 2016 en Corse-du-Sud. Mickaël Carboni, désigné comme le principal organisateur, a écopé de 18 ans de réclusion criminelle, tandis que ses deux coaccusés, Mickaël Sanna et Sébastien Carbuccia, ont été condamnés chacun à 16 ans de prison.
Les faits remontent au matin du 7 septembre 2016, lorsque ce mécanicien de 35 ans a été abattu devant le domicile de sa compagne à Alata, alors qu’il partait travailler. L’enquête n’a jamais permis d’établir le mobile du crime. La victime, ancien toxicomane, n’avait plus eu affaire à la justice depuis près de dix ans et n’entretenait que des liens anciens et limités avec l’un des accusés.
Un verdict fondé sur un faisceau d’indices
Si aucune preuve matérielle décisive n’a été produite, la cour a retenu un ensemble d’indices concordants, notamment autour de l’utilisation d’un véhicule volé impliqué dans l’attaque, fréquemment utilisé par les condamnés dans les semaines précédant le meurtre. Des éléments de téléphonie, de vidéosurveillance et des incohérences dans les alibis ont également pesé dans la décision.
Ce procès en appel faisait suite à un acquittement général prononcé en 2021 à Ajaccio, verdict annulé après la découverte de la liste des jurés dans le téléphone d’une figure du banditisme insulaire. Délocalisée à Paris, la nouvelle procédure a abouti à ces condamnations, près de dix ans après les faits, laissant toutefois entière la question du mobile de cette exécution.