img_3607.jpg
«Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués.» L’équipage d’Artemis II décrit la face cachée de la Lune

Après son décollage réussi mercredi depuis le Kennedy Space Center, en Floride, la mission Artemis II de la NASA poursuit sa trajectoire vers la Lune, située à environ 400 000 kilomètres de la Terre. Le vaisseau Orion doit survoler l’astre lundi, dans le cadre d’une mission habitée d’environ dix jours menée par Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. 

Ce dimanche, la NASA a indiqué sur X qu’Artemis II avait atteint « les deux tiers » du trajet vers la Lune. La manœuvre d’injection translunaire réalisée jeudi avait placé Orion sur une trajectoire devant le faire entrer dimanche dans la sphère d’influence lunaire. 

Christina Koch évoque une Lune « différente »

Depuis la capsule Orion, Christina Koch a livré un témoignage sur l’approche de la face cachée. « Nous avons pu voir pour la première fois la face cachée de la Lune et c’était tout simplement spectaculaire », a déclaré l’astronaute américaine. L’astre lui est ensuite apparu « différent », dans ce qui constitue aussi un jalon symbolique pour celle qui devient, à l’occasion de ce vol, la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace. 

« Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués. Alors nous avons sorti nos données de repérage lunaire », a poursuivi Christina Koch. « Nous avons fait correspondre les images et nous nous sommes dit : “voilà la face cachée. C’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant” ». 

Des zones de la face cachée jamais observées directement par des humains

La NASA explique que les astronautes d’Artemis II pourraient être les premiers humains à voir directement, à l’œil nu, certaines portions de la face cachée de la Lune. L’agence prévoit aussi que l’équipage réalise, lors du survol du 6 avril, des photographies en haute résolution et des observations scientifiques de secteurs jamais vus directement par des humains. 

Ce point de vue diffère de celui des missions Apollo. La NASA souligne qu’Orion passera à environ 4 066 miles, soit un peu plus de 6 500 kilomètres, de la surface lunaire, contre environ 70 miles pour Apollo, ce qui permettra à l’équipage d’embrasser d’un seul regard l’ensemble du disque lunaire, y compris des régions proches des pôles. Cette configuration offre un champ de vision panoramique supérieur à celui des astronautes d’Apollo il y a plus d’un demi-siècle. 

Une mission test décisive pour la suite du programme Artemis

Artemis II doit porter l’équipage à plus de 252 000 miles, soit un peu plus de 400 000 kilomètres de la Terre, au-delà du record d’Apollo 13, avant un retour sans alunissage et un amerrissage prévu le 10 avril au large de San Diego. Cette mission, première expédition habitée de la NASA vers la Lune depuis plus de 53 ans, sert avant tout de vol d’essai pour les systèmes du vaisseau Orion et pour la stratégie de retour durable des États-Unis vers la Lune. 

Partager