En 2024, la cellule centrale de prise en charge des violences au travail de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris a enregistré 258 signalements recevables, soit une hausse de 130 % par rapport à 2023 et de plus de 200 % en deux ans. Cette augmentation est liée à un dispositif de signalement mieux identifié et à une sensibilisation accrue, notamment dans le contexte du mouvement « Metoo hôpital » et de campagnes internes de prévention.
Violences morales en tête, management souvent mis en cause
La majorité des faits concerne des violences à caractère moral (237 cas), suivies par les violences sexistes et sexuelles (25), les discriminations (24), les violences physiques (13) et d’autres situations spécifiques (7). Les signalants sont majoritairement des femmes (73 %), tandis que les personnes mises en cause sont plus souvent des hommes. Les professionnels médicaux et les cadres occupent une place importante parmi les personnes signalées, en particulier dans des contextes de décisions organisationnelles ou managériales jugées inéquitables. Dans plus de la moitié des situations, le signalant est en position hiérarchique inférieure.
Des suites administratives et judiciaires
Sur l’ensemble des signalements traités, un quart a donné lieu à une enquête administrative, avec des qualifications juridiques retenues dans 70 % des cas. Deux affaires ont été transmises au procureur. Les mesures prises vont du recadrage à des changements d’affectation, en passant par des adaptations organisationnelles ou un accompagnement psychologique. Douze pour cent des signalements ont entraîné une procédure disciplinaire, 8 % une suspension, et 4 % la mise en place d’une protection fonctionnelle pour le plaignant.