FILE PHOTO: Italy’s PM Meloni attends the upper house of parliament, in Rome
FILE PHOTO: Italy's Infrastructure Minister Matteo Salvini attends the upper house of parliament ahead of a confidence vote for the new government, in Rome, Italy, October 26, 2022. REUTERS/Guglielmo Mangiapane/File Photo

Les déclarations d’Emmanuel Macron sur la nécessité d’un effort accru pour la défense européenne et la possibilité d’un parapluie nucléaire français pour l’UE ont provoqué une réaction cinglante de Matteo Salvini. Lors d’un déplacement à Milan, le vice-Premier ministre italien a vivement critiqué la posture du chef de l’État français. « Zelensky demande la paix, Trump œuvre pour la paix, Poutine veut la paix, tandis qu’à Bruxelles et Paris, il y a un fou », a-t-il lancé, dénonçant une volonté de pousser l’Europe dans une escalade militaire dangereuse.

Opposé à toute intervention directe en Ukraine, Salvini a réaffirmé que « jamais l’Italie n’enverra de troupes sur le terrain », rejetant l’idée d’un engagement militaire dicté par Paris. Il s’est également inquiété du projet européen de réarmement massif à hauteur de 800 milliards d’euros, estimant que ces sommes devraient être mieux utilisées. « Est-il dans notre intérêt de dépenser 800 milliards pour acheter des armes, alors que l’UE nous empêche d’investir dans nos écoles et nos hôpitaux ? », a-t-il interrogé, soulignant un déséquilibre dans les priorités budgétaires européennes.

Cette critique reflète une fracture grandissante entre les pays prônant une stratégie militaire offensive et ceux défendant une approche plus pragmatique et souverainiste. Tandis que Macron veut imposer une vision d’une Europe de la défense sous leadership français, Salvini incarne une opposition farouche à cette volonté d’hégémonie, mettant en avant les risques d’un engagement précipité et coûteux pour les nations européennes. Il rappelle ainsi que l’Italie doit d’abord défendre ses propres intérêts avant de suivre aveuglément une ligne dictée par Paris.

Si cette position suscite des tensions au sein même du gouvernement italien, elle trouve un écho auprès de nombreux Européens réticents à une implication directe dans la guerre en Ukraine. Face aux incertitudes géopolitiques et économiques, la prudence prônée par Salvini pourrait peser dans les débats à venir, alors que l’Europe s’interroge sur son rôle dans un conflit qui pourrait redéfinir son avenir stratégique.

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