La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a annoncé mardi sa mise en examen pour injure publique. Cette décision fait suite à ses propos tenus en janvier, qualifiant les dirigeants d’entreprise de « rats qui quittent le navire » et affirmant que « leur seul objectif est l’appât du gain ».
Une plainte sous l’impulsion du patronat
La mise en examen fait suite à la plainte du mouvement patronal Ethic, qui regroupe des entreprises indépendantes et en croissance. L’association a jugé que les propos de Sophie Binet constituaient un « jugement de valeur négatif » portant atteinte à l’honneur et à la réputation des chefs d’entreprise. La comparaison avec des rats a été qualifiée de « particulièrement injurieuse ».
La provocation qui a déclenché l’affaire
Pour rappel, les propos de la syndicaliste ont été prononcés en réaction aux déclarations de Bernard Arnault, patron de LVMH, qui critiquait le projet de surtaxe du gouvernement en affirmant qu’il « poussait à la délocalisation ». Sophie Binet avait alors dénoncé les grands patrons comme des « rats qui quittent le navire », soulignant que leur motivation principale restait « l’appât du gain ».
Sophie Binet défend sa liberté de parole
Sur France Inter, la dirigeante a exprimé son choc face à la mise en examen. Elle a insisté sur le fait que ses propos visaient à dénoncer les délocalisations, les inégalités de richesse et le désintérêt de certains milliardaires pour l’emploi en France. Elle a défendu son expression comme une « image populaire », destinée à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, et soulignant l’importance de parler « sans langue de bois » dans le débat public.
Les multinationales dans le viseur
Sophie Binet a également critiqué le comportement de nombreuses multinationales, notamment LVMH, qui selon elle se désintéressent de l’emploi en France, ce qui représente « un handicap pour l’économie française ». Elle a dénoncé le traitement souvent inéquitable réservé aux sous-traitants par ces groupes.
Ethic dénonce une atteinte à l’honneur des patrons
Ethic, présidée par Sophie de Menthon, estime que les propos de la syndicaliste ciblent l’ensemble des grands chefs d’entreprise, constituant une atteinte collective à leur honneur et à leur réputation. L’association juge « particulièrement injurieuse » la comparaison avec des rats.