Près d’un mois après avoir été victime d’une attaque à la voiture-bélier sur l’île d’Oléron, Emma Vallain, collaboratrice parlementaire du député RN Pascal Markowsky, a témoigné sur BFMTV pour raconter sa longue convalescence et son incompréhension face à la non-saisie du parquet national antiterroriste. La jeune femme, âgée de 22 ans, a été grièvement blessée lors de l’attaque du 5 novembre, qui a touché plusieurs piétons et cyclistes. « Je suis marquée physiquement, et je le serai probablement toute ma vie », confie-t-elle.
Son quotidien est aujourd’hui rythmé par les rendez-vous médicaux, la minerve autour du cou, l’attelle à la jambe et les déplacements à l’aide de béquilles. « On peut reprendre une vie normale mais on ne peut pas reprendre la vie d’avant », ajoute-t-elle.
« J’étais partie courir avant d’aller en cours. Et puis d’un coup, plus rien. »
Emma Vallain revient sur les instants tragiques de cette matinée : « J’étais partie courir avant d’aller en cours. Et puis d’un coup, plus rien. » Elle se souvient de la sensation de sang sur le visage et de l’aide d’une personne qui l’a mise en position latérale de sécurité : « J’ai eu la sensation très nette de mon corps, allongé sur le sol très froid. »
Le suspect, un homme de 35 ans sous l’emprise de cannabis, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Lors de son interpellation, il aurait crié « Allahou Akbar » et déclaré avoir « entendu des voix » et qu’« Allah lui a demandé d’aller tuer des gens ». Dans son véhicule, la police a découvert un couteau de 35 centimètres, une bonbonne de gaz, ainsi que des écrits religieux dans son mobil-home.
« Je ne me reconnais pas dans le miroir. »
Emma Vallain a subi plusieurs opérations et vit désormais avec de nombreuses séquelles. « J’avais les cheveux très longs avant, il a fallu me les couper à l’hôpital. Donc ça, plus les cicatrices, je ne me reconnais pas dans le miroir. Je pense que je mettrai très longtemps avant de me reconnaître », explique-t-elle sur BFMTV. Elle décrit son état comme celui d’une « miraculée », tout en évoquant les traumatismes psychologiques qui pourraient émerger plus tard : « Je ne sais pas quels souvenirs et quels traumatismes j’en garderai. Je pense qu’un jour les cauchemars arriveront, quand je réaliserai complètement qu’on a essayé de me tuer ce matin-là. »
Une non-saisie du Parquet antiterroriste qui suscite l’incompréhension
Le parquet national antiterroriste a décidé de ne pas se saisir de l’enquête. Selon le procureur de La Rochelle, l’assaillant, « polytoxicomane et sous l’emprise de cannabis au moment des faits, tenait des propos manquant de cohérence, marqués de troubles de la personnalité, et n’inscrivait pas son action dans une dimension djihadiste ».
Emma Vallain exprime son incompréhension : « Le terroriste, c’est quelqu’un qui veut semer la terreur. Là, c’était exactement sa volonté. Islamiste, pour moi ça l’est aussi. Il s’est auto-radicalisé, on a retrouvé des écrits chez lui. » Une expertise psychiatrique a toutefois relevé une altération de son discernement au moment des faits, et aucun lien avec une organisation terroriste n’a été établi.
Malgré ses blessures, Emma Vallain a repris ses activités au sein du Rassemblement national et à l’Assemblée nationale. Le député Pascal Markowsky l’a accompagnée tout au long de sa convalescence et a salué son courage. Plusieurs députés ont également souligné sa « dignité » et son « exemplarité », et elle a été applaudie par le groupe parlementaire lors de sa reprise.