Quelques jours après la publication par Entrevue d’extraits où l’humoriste et animateur Djamil le Shlag expliquait ne recruter que « des Arabes et des Noirs » dans son entreprise, le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a adressé un signalement au procureur, estimant que ces déclarations relèvent potentiellement de la discrimination à l’embauche et de la provocation publique à la discrimination. L’humoriste avait tenu ces propos lors d’une émission sur le média militant indigéniste Paroles d’honneur, où il disait aussi « avoir peur lorsqu’il est entouré de Blancs » et conseillait de ne « jamais aller seul là où il n’y a que des Blancs ».
Alors que le Pierre-Emmanuel Barré (également présent sur les ondes de Radio Nova) fait déjà face à une procédure engagée par le ministre de l’Intérieur pour avoir comparé la police et la gendarmerie à Daech, Djamil le Shlag a réagi sur Instagram en soutenant son collègue. Dans la foulée, il a dénoncé le signalement du député comme une tentative de « judiciariser l’humour ». L’humoriste se moque des accusations de racisme dont il fait l’objet, expliquant qu’il s’agit selon lui d’une réaction « grotesque » à ses propos.

Dans son courrier, Allegret-Pilot évoque pourtant des infractions précises : discrimination fondée sur l’origine dans l’accès à l’emploi et provocation publique à la discrimination raciale. Pour l’élu, les déclarations de l’humoriste relèvent moins de la satire que d’un positionnement idéologique assumé, incompatible avec le cadre légal français. Il demande que des investigations soient ouvertes afin d’établir la réalité des faits et d’éventuelles responsabilités pénales.
L’échange entre l’humoriste et le député s’inscrit dans un climat tendu, où une partie du milieu humoristique revendique une liberté d’expression sans limites, tandis que plusieurs responsables politiques alertent sur une normalisation de propos ouvertement racialisants et racistes.