La campagne municipale strasbourgeoise s’est embrasée après la diffusion, sur les réseaux sociaux, de tracts rédigés en arabe, en turc et en alsacien par Cem Yoldas, candidat d’extrême gauche et ancien responsable de la Jeune Garde antifasciste. À quelques mois du scrutin, cette initiative qui contourne ostensiblement la langue française interpelle jusque dans les rangs républicains et pose déjà la question de la place du communautarisme dans une ville où la cohésion n’est plus un acquis. Yoldas assume sa stratégie et affirme vouloir « parler à chaque Strasbourgeois dans sa langue », tout en y adossant un programme marqué par la gratuité généralisée, le désarmement de la police municipale et la défense du vote des étrangers.
Une stratégie communautaire assumée qui fracture déjà le débat
À droite, les réactions ont été immédiates. La députée Alexandra Masson a dénoncé un candidat « qui oublie qu’il existe une langue commune ». D’autres figures ont pointé le risque d’une campagne pensée comme un message ciblé vers des groupes identifiés, loin de l’esprit républicain qui veut que la politique s’adresse à tous, en français.
Ancien éducateur de rue, proche de mouvements d’ultra-gauche dissous pour incitation à la violence, Yoldas cherche désormais à se poser en alternative radicale à la municipalité écologiste sortante. Il critique le jumelage avec la ville israélienne de Ramat Gan, qualifié de « jumelage de la honte », malgré son gel récent, et prône une transformation complète des politiques locales. Entre promesses maximalistes et rupture affichée avec les habitudes de campagne, il mise sur une stratégie identitaire assumée pour mobiliser un électorat ciblé.