Le Sénat ouvre ce jeudi l’examen du projet de loi de finances 2026, une semaine après le rejet cinglant du texte par l’Assemblée nationale. Les sénateurs repartent de la version initiale du gouvernement, mais la droite majoritaire au Palais du Luxembourg entend profondément remodeler le budget. Au menu : contribution des hauts revenus, taxation des holdings, gel du barème de l’impôt sur le revenu et refonte de l’abattement des retraités.
Un budget explosif sous le scalpel du Sénat
Première mesure revisitée : la contribution différentielle des hauts revenus, instaurée en 2025, serait prolongée d’un an. Elle garantit un taux minimal d’imposition de 20% pour les contribuables gagnant plus de 250 000 euros par an (500 000 pour un couple), avec 1,5 milliard d’euros espérés. Le Sénat devra aussi trancher sur la nouvelle taxe visant les holdings patrimoniales de plus de 5 millions d’actifs, susceptible d’affecter 10 000 contribuables : une mesure à 1 milliard d’euros, mais que les élus de droite veulent restreindre.
Au cœur du débat également, le gel complet du barème de l’impôt sur le revenu. Tel que prévu par Bercy, il ferait entrer 200 000 foyers supplémentaires dans l’impôt, pour un gain de 2 milliards. Les sénateurs, eux, proposent de ne revaloriser que la tranche la plus basse.
La réforme de l’abattement fiscal des retraités figure aussi dans la copie gouvernementale : l’avantage actuel de 10% serait remplacé par un abattement forfaitaire fixe de 2 000 euros, pesant essentiellement sur les retraités les plus aisés. Autre point de tension : la reconduction en 2026 de la surtaxe sur les grandes entreprises, qui rapporterait 4 milliards mais que la majorité sénatoriale souhaite supprimer.
Enfin, une liste de 23 niches fiscales jugées « obsolètes » pourrait disparaître, pour un gain estimé à 5 milliards d’euros. Parmi elles, la fin d’avantages sur les biocarburants B100 et E85 fait déjà polémique. Les sénateurs examineront aussi la taxe de 2 euros sur les colis importés hors UE, qu’ils souhaiteraient porter à 5 euros.
La suite des débats s’annonce tendue : contrairement aux députés, les sénateurs pourront examiner l’ensemble du volet dépenses du budget. Mais avec une majorité présidentielle affaiblie et une opposition déterminée, l’adoption finale d’un budget 2026 reste pour l’heure très incertaine.