Le 2 décembre prochain, le parti d’Éric Ciotti organise à la Maison de l’Amérique latine un grand colloque intitulé « Bitcoin révolution monétaire », acte V de son Forum des Libertés. Un événement qui confirme le virage assumé d’une partie de la droite française vers un écosystème monétaire libéral, technologique et souverainiste, bien loin des prudences habituelles de la classe politique.

Une stratégie pensée comme un levier de souveraineté
Pour l’UDR, le Bitcoin n’est ni une mode ni une fantaisie spéculative, mais un instrument stratégique. Le parti voit dans l’actif numérique rare un nouvel or monétaire, capable de renforcer l’autonomie financière du pays. La France dispose, grâce à son énergie nucléaire bon marché, d’un avantage considérable pour construire une filière de minage compétitive, capable de transformer l’électricité excédentaire en réserve stratégique. Ce positionnement n’est pas isolé. Éric Ciotti a été le premier responsable politique invité par Hasheur, l’influenceur crypto le plus suivi de France, preuve que le sujet s’installe désormais au cœur du débat public.
Cette vision s’inscrit dans la proposition de loi déposée par l’UDR fin octobre pour adapter la France au « nouvel ordre monétaire ». Un texte structuré autour de trois piliers : la constitution d’une réserve stratégique nationale en bitcoins minés sur le sol français, l’introduction de paiements quotidiens en euro-stablecoins, et l’intégration du minage aux centrales nucléaires dans les dispositifs d’épargne. Pour Ciotti, il s’agit d’une réforme « ambitieuse et visionnaire », destinée à faire de la France un acteur majeur de la finance décentralisée.
La droite assume le virage crypto, la gauche s’en étrangle
Ce repositionnement n’est pas isolé. Du Rassemblement national à Reconquête, la droite française pousse de plus en plus ouvertement une stratégie pro-crypto et pro-libertés économiques. Sarah Knafo avait déjà appelé, au Parlement européen, à miser sur le Bitcoin pour constituer des réserves stratégiques et réduire la dépendance au dollar. À l’international, le mouvement est porté de Donald Trump à Javier Milei, en passant par Nayib Bukele.
Face à cela, la gauche s’offusque. Elle voit dans cette orientation un mélange de dérégulation, de spéculation et d’idéologie libertarienne. Les spécialistes favorables au Bitcoin rappellent pourtant que la technologie est neutre et qu’elle permet, au contraire, de protéger l’épargne des citoyens face à l’inflation. Mais le clivage est désormais posé : une partie de la droite entend faire du numérique monétaire un pilier de souveraineté, quand la gauche continue de le regarder comme un objet suspect.
L’UDR ouvre donc un nouveau front politique. Et à la veille d’une présidentielle où les questions de souveraineté, d’énergie et de pouvoir d’achat occuperont une place centrale, ce parti assume clairement son pari : celui d’une France qui ne subit plus la révolution monétaire mondiale, mais qui choisit de l’embrasser.