Le président équatorien Daniel Noboa a annoncé dimanche l’arrestation en Espagne de Wilmer Geovanny Chavarría Barre, alias « Pipo », chef du puissant cartel Los Lobos, l’un des réseaux criminels les plus redoutés d’Équateur. Cette interpellation, menée en collaboration avec la police espagnole, représente un coup majeur porté au crime organisé, quelques mois après que les États-Unis ont désigné Los Lobos ainsi que leur rival Los Choneros comme organisation terroriste étrangère.
Selon Noboa, Chavarría dirigeait depuis l’étranger un vaste empire criminel mêlant trafic de drogue et exploitation minière illégale, en lien étroit avec le cartel mexicain Jalisco Nouvelle Génération. Pour échapper aux autorités, il aurait simulé sa mort, changé d’identité et trouvé refuge en Europe, tout en continuant à ordonner des assassinats en Équateur. Le chef de la police équatorienne a précisé que l’arrestation avait eu lieu à Malaga.
Le ministre de l’Intérieur, John Reimberg, a affirmé que « Pipo » était impliqué dans au moins 400 homicides et avait déjà dirigé des opérations criminelles depuis sa cellule entre 2011 et 2019. Son réseau a largement contribué à l’explosion de la violence en Équateur, un pays autrefois considéré comme l’un des plus sûrs d’Amérique latine mais désormais ravagé par les guerres entre gangs.
Depuis son arrivée au pouvoir, Noboa mène une stratégie de militarisation pour tenter de reprendre le contrôle face aux organisations criminelles. Pourtant, les experts notent que l’arrestation de chefs de gangs entraîne souvent des flambées de violence, les factions rivales se disputant les zones d’influence.
Cette arrestation intervient alors que les Équatoriens votent dimanche sur le retour potentiel de bases militaires étrangères dans le pays, mesure défendue par le président Noboa comme un outil crucial dans la lutte contre le crime organisé.