Israël a défendu lundi devant les Nations unies sa décision de reconnaître formellement le Somaliland, une région séparatiste autoproclamée de la Somalie, une initiative qui suscite de vives interrogations parmi plusieurs États membres quant à ses motivations réelles. Des diplomates ont exprimé leurs inquiétudes, évoquant la possibilité que cette reconnaissance serve à faciliter le déplacement de Palestiniens de Gaza ou l’établissement de bases militaires.
Israël est devenu vendredi le premier pays à reconnaître le Somaliland comme un État indépendant et souverain. Devant le Conseil de sécurité, son représentant adjoint a affirmé que cette décision relevait de considérations bilatérales et ne visait ni à déstabiliser la région ni à servir d’autres agendas liés au conflit israélo-palestinien.
Ces explications n’ont toutefois pas dissipé les doutes. Plusieurs délégations ont souligné que des responsables israéliens avaient, par le passé, évoqué le Somaliland comme une destination potentielle pour des Palestiniens, en particulier ceux de Gaza. Cette perspective a ravivé les craintes d’un déplacement forcé de populations dans un contexte déjà extrêmement tendu.
La Ligue arabe a fermement condamné la décision israélienne, rejetant toute mesure susceptible de faciliter un transfert de Palestiniens ou l’exploitation de ports du nord de la Somalie à des fins militaires. Son représentant a qualifié la reconnaissance du Somaliland d’illégitime et potentiellement déstabilisatrice pour l’ensemble de la région.
Le Pakistan a également exprimé de sérieuses réserves, estimant que la reconnaissance israélienne était « profondément troublante » au regard des précédentes déclarations associant le Somaliland à des projets liés à Gaza. D’autres États ont appelé à la prudence, soulignant les implications possibles pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie.
Les États-Unis, pour leur part, ont accusé le Conseil de sécurité de faire preuve de « deux poids, deux mesures », rappelant que plusieurs pays occidentaux avaient reconnu l’État palestinien sans susciter de débats comparables. Cette séquence diplomatique intervient alors que le Conseil de sécurité doit se réunir sur la situation à Gaza, illustrant la sensibilité extrême des dossiers imbriqués au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique.