Au Venezuela, la surveillance s’intensifie dans l’État de Sucre après les frappes américaines (AP)
Au Venezuela, la surveillance s’intensifie dans l’État de Sucre après les frappes américaines (AP)

Dans l’État côtier de Sucre, au nord-est du Venezuela, les habitants décrivent une atmosphère de tension croissante depuis les frappes américaines visant des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue. Selon plusieurs résidents, les autorités ont multiplié les patrouilles et renforcé le contrôle des activités quotidiennes dans cette région reculée, traditionnellement tournée vers la pêche et le commerce informel avec les îles voisines.

Les échanges transfrontaliers non déclarés avec Trinité-et-Tobago, qui constituent pour de nombreuses familles une source de revenus indispensable, se seraient fortement réduits depuis les frappes, les contrôles maritimes et terrestres s’étant brusquement intensifiés. Les habitants évoquent un climat de peur alimenté à la fois par les forces de sécurité et par des militants du parti au pouvoir, particulièrement actifs dans certaines communautés.

Plusieurs résidents affirment que les domiciles de familles liées aux victimes des frappes américaines ont été perquisitionnés, une pratique qui aurait contribué à renforcer l’inquiétude au sein de la population locale. Certains habitants rapportent également une présence accrue d’agents en civil dans les villages côtiers, ce qui renforcerait l’impression d’un territoire placé sous surveillance constante.

Dans ce contexte, les habitants se disent inquiets des conséquences économiques et sociales de cette situation. Le ralentissement brutal du commerce informel et la pression sécuritaire risquent de fragiliser davantage une région déjà marquée par le manque d’opportunités et le départ massif de jeunes vers d’autres zones du pays ou vers les Caraïbes. Les autorités, elles, restent silencieuses sur l’ampleur exacte du dispositif de contrôle actuellement déployé.

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