Un homme de 35 ans a été condamné mercredi soir à 14 ans de réclusion criminelle pour des viols aggravés commis sur quatre de ses anciennes compagnes. Le procès, tenu devant la cour criminelle départementale du Tarn, a mis en lumière des années d’emprise, de contrôle et de violences sexuelles.
Quatre femmes, une emprise commune
Du 15 au 18 juin, la cour a entendu les récits de Nadine, Célia, Anna et Daphnée, toutes décrivant une emprise exercée par le même homme entre 2015 et 2022. L’accusé, électricien, niait les faits, avançant le classique « parole contre parole ». Pourtant, leurs témoignages, recueillis durant l’enquête ouverte en octobre 2022, dessinaient une mécanique similaire : isolement, jalousie maladive, surveillance, soumission psychologique… et violences sexuelles répétées. Au fil des audiences, les récits s’entrecroisent. Célia, poussée à quitter son emploi, parle d’un stérilet arraché par force. Nadine évoque des relations imposées malgré ses refus, sous la menace physique. Daphnée, enceinte, aurait été contrainte après avoir été violentée, et Anna décrit une relation devenue violente en quelques semaines. L’accusé reconnaît une emprise mais nie tout viol. Pourtant, lors de sa garde à vue, il aurait admis avoir pu dépasser le consentement, ajoutant : « Je ne pensais pas les forcer à ce point ». Un aveu rapidement nuancé durant les débats, où il a défendu l’idée d’un complot.
Un verdict qui tranche avec la norme
Le ministère public, qui avait requis 15 ans de réclusion, s’est appuyé sur la cohérence des témoignages pour convaincre la cour. L’avocat général a souligné la difficulté de faire entendre la parole des victimes dans ces affaires, alors même que les chiffres rappellent la rareté des condamnations : moins de 1 % des viols déclarés débouchent sur une peine.
Décrit comme narcissique et impulsif par un expert psychiatre, l’accusé a déjà été condamné pour harcèlement et menaces. Mais cette fois, les accusations ont été entendues. Le verdict, assorti de cinq ans de suivi socio-judiciaire, représente une reconnaissance judiciaire rare dans ce type d’affaires. À la barre, les femmes ont exprimé une volonté commune : que cela ne se reproduise pas. Pour leurs filles, pour les autres. Nadine, mère d’une jeune fille, avait écrit à son enfant peu après la séparation avec l’accusé : « Promets-moi de ne jamais te laisser humilier, violenter, violer. »