Passages à tabac, humiliations publiques, attouchements sexuels : des accusations lourdes pèsent sur un établissement scolaire catholique de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques. Plusieurs anciens élèves ont récemment déposé plainte, évoquant des faits survenus entre les années 1960 et 1990. Le parquet a confirmé l’ouverture d’une enquête pour violences aggravées.
Un passé douloureux qui refait surfaceUn passé douloureux qui refait surface
Selon les premiers éléments, des surveillants, enseignants et religieux auraient infligé des sévices allant des coups aux humiliations collectives, parfois jusqu’à des violences sexuelles. Les témoignages font état de passages à tabac répétés, de punitions en plein air en tenue de nuit et d’agressions sur mineurs. Un collectif d’anciens élèves affirme avoir recueilli déjà une vingtaine de récits, laissant penser que le nombre de victimes pourrait être supérieur aux plaintes actuellement déposées.
Un climat de peur et de silence
Ces révélations s’inscrivent dans un contexte plus large de mise en lumière des abus commis dans certains établissements religieux. Les victimes décrivent un « quotidien de violences systémiques », marqué par l’omerta et la peur d’être sanctionné pour avoir parlé. Des enseignants eux-mêmes auraient alerté, parfois sans suite, sur la brutalité de certains encadrants. Le collectif appelle aujourd’hui à « briser le silence » et encourage les anciens élèves à témoigner pour documenter l’ampleur des faits.
Un établissement toujours en activité
Fondée au XIXᵉ siècle, l’école catholique Saint-Joseph de Nay fonctionne encore aujourd’hui sous contrat avec l’État et accueille plusieurs centaines d’élèves. Si la majorité des faits dénoncés appartiennent à un passé lointain, certains des encadrants mis en cause auraient poursuivi leurs activités éducatives jusqu’à une période récente. La perspective d’éventuelles mises en examen ravive donc la douleur des familles et relance le débat sur la vigilance des institutions vis-à-vis de la protection des mineurs. Cette affaire illustre une fois de plus combien les blessures enfouies d’anciens élèves peuvent ressurgir plusieurs décennies plus tard, mettant en lumière des violences longtemps passées sous silence. Elle interroge aussi sur la capacité des structures scolaires et religieuses à reconnaître, prévenir et réparer de tels abus, pour que les générations actuelles n’héritent pas des mêmes silences.