Les nuits sont rarement calmes derrière les murs de Vendin-le-Vieil, mais celle de mercredi à jeudi a tourné à la mise en scène. Dans le bâtiment flambant neuf du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), spécialement conçu pour accueillir des narcotrafiquants et figures du grand banditisme, plusieurs dizaines de détenus ont choisi l’eau comme arme de provocation. Robinets ouverts, cellules noyées, couloirs transformés en pataugeoires, l’incident a vite pris l’allure d’un défi collectif.
Une rébellion concertée dans le quartier des narcotrafiquants
Selon les syndicats pénitentiaires Ufap et FO, trois coursives sur quatre du bâtiment n°2 ont été volontairement inondées autour de minuit trente. Les surveillants, plus habitués à gérer des tensions sécuritaires qu’à manier la raclette, ont dû pomper et écoper toute la nuit. Les représentants syndicaux dénoncent une rébellion assumée, exigeant des sanctions disciplinaires exemplaires et des mesures de prévention pour éviter la répétition d’un tel scénario. David Lacroix, délégué FO, souligne le caractère simultané et planifié de l’action, orchestrée par des détenus bien décidés à marquer leur opposition.
Des recours épuisés et une contestation persistante
Installés depuis fin juillet dans ce quartier hautement sécurisé, 88 détenus issus du narcotrafic international n’ont jamais digéré leur transfert. Plusieurs dizaines d’entre eux ont multiplié les recours devant la justice administrative et les juges des libertés, tous rejetés. Pour FO comme pour l’Ufap, l’inondation n’est rien d’autre qu’un geste de désespoir face à l’échec des avocats à mobiliser l’opinion publique. La population, insensible à leur sort, ne s’émeut pas de leurs conditions de détention. L’épisode pourrait ne pas rester isolé : certains prisonniers menacent déjà d’entamer une grève de la faim collective dès lundi. Sollicitée, l’administration pénitentiaire s’est gardée de tout commentaire.