Soupçonnée d’avoir informé le crime organisé, une agente des impôts écrouée en région parisienne
Soupçonnée d’avoir informé le crime organisé, une agente des impôts écrouée en région parisienne

Une fonctionnaire de 32 ans, employée aux finances publiques, a été mise en examen et placée en détention pour avoir transmis des informations confidentielles à des détenus influents. Elle est soupçonnée d’avoir facilité l’organisation d’exactions depuis la prison. L’affaire prend racine dans une violente agression survenue en septembre 2024 à Montreuil. Trois individus avaient frappé à son domicile un surveillant pénitentiaire affecté au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de la Santé. La victime, visiblement ciblée pour ses fonctions et ses récentes saisies de téléphones portables, avait été rouée de coups sous les yeux de sa compagne. Rapidement, les enquêteurs du service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis ont identifié plusieurs jeunes exécutants présumés, dont un mineur et une conductrice, elle aussi mineure, qui aurait véhiculé le groupe dans une Audi.

Une adresse obtenue via une fuite administrative

L’interrogation centrale des enquêteurs portait sur la façon dont l’adresse personnelle du surveillant avait pu être obtenue. Un signalement du ministère de l’Économie a alors attiré leur attention : une agente des impôts, Ghalia C., aurait consulté sans justification professionnelle la fiche du surveillant agressé dans la base de données fiscale. D’autres noms, également victimes récentes de cambriolages violents, figuraient dans son historique de recherche, tout comme ceux de certaines personnalités. Interpellée en début de semaine, Ghalia C. a été placée en garde à vue sur commission rogatoire. Elle a choisi de garder le silence et a refusé de communiquer le mot de passe de son téléphone. Elle a depuis été mise en examen pour association de malfaiteurs, entre autres chefs, et écrouée, conformément aux réquisitions du parquet de Bobigny.

L’ombre des détenus du quartier d’isolement

Les investigations actuelles tendent à établir des liens entre les informations extraites frauduleusement et un ou plusieurs détenus influents incarcérés à l’isolement à la maison d’arrêt de la Santé. Ces prisonniers, malgré les mesures de sécurité censées les isoler de l’extérieur, continueraient à diriger des activités criminelles grâce à des téléphones portables clandestins. Parmi les pistes envisagées figure l’hypothèse d’un contrat commandité depuis la cellule d’un détenu pour intimider le personnel pénitentiaire. Les enquêteurs cherchent à établir si la fonctionnaire a agi pour de l’argent, sous pression ou par fascination. L’enquête, toujours en cours, vise désormais à remonter jusqu’aux commanditaires, dans un contexte où les liens entre milieux criminels et failles administratives deviennent un sujet de préoccupation croissante.

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